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L’atelier artisanal de Coropure : Virginie Dubois, son thé et son savon de corossol

Virginie Dubois
Virginie Dubois.

Depuis mai 2018, Virginie Dubois produit du thé et du savon de corossol réputés pour leurs propriétés médicinales. Visite à l’atelier artisanal de Coropure à la rue Théodore Sauzier à Curepipe.

Virginie Dubois est une jeune femme qui va au-delà de ses rêves. « Rien n’est impossible si on a confiance en soi et qu’on ne plie pas l’échine devant les premières difficultés » dit-elle. Très croyante, elle croit fermement que toutes les étapes qu’elle a traversées avant qu’elle lance sa petite entreprise ne sont pas les fruits du hasard. « C’est la volonté de Dieu » affirme-t-elle.

Elle explique que quelques années auparavant, elle vivait dans la phobie d’attraper un jour le cancer. À l’époque, elle travaillait comme agent de sécurité et était affectée dans une importante firme de la capitale. Elle avait une telle peur de contracter cette terrible maladie qu’elle en parla souvent à ses collègues. « Est-ce un hasard s’ils prenaient souvent leur déjeuner sous un corossolier » se demande-elle encore aujourd’hui.

Virginie Dubois

Elle raconte que tout a commencé quand un jour, une de ses collègues lui a affirmé que le corossol est efficace contre le  cancer. « C’est là que tout a commencé » nous confie-t-elle. Elle dit avoir effectué des recherches sur le corossolier. « J’ai appris que c’est surtout la feuille qui a une grande valeur médicinale, dit-elle. Des études ont démontré que la feuille du corossolier peut traiter et prévenir de nombreux problèmes de santé dont le diabète, le cholestérol, les troubles digestifs, l’eczéma, la goutte et le cancer, entre autres. Elle favorise le sommeil et peut aussi agir comme un sédatif. » Elle affirme avoir consommé pendant un certain temps des infusions de thé de corossol qu’elle prépare elle-même pour évaluer leur efficacité. « J’ai vu qu’elles m’étaient très bénéfiques », avance-t-elle.

Virginie explique qu’au début, elle s’est contentée uniquement d’effectuer que des recherches. « Pour moi tout s’arrêtait là », dit-elle. Mais graduellement, l’idée de se lancer dans la production de thé de corossol ne cesse de lui trotter dans la tête. Entre-temps les choses ne présageaient rien de bon dans son travail car on l’avait transféré dans un dortoir où elle devait travailler la nuit. « Je me suis dit que cela ne pouvait continuer et c’est là que j’ai pris la décision de lancer ma petite entreprise » dit-elle.

Savon

La jeune femme envisageait en premier lieu de contracter un emprunt bancaire mais elle changea d’idée et prit la décision d’investir toutes ses économies dans ce projet, soit un total de Rs 160 000. Parallèlement, elle a suivi des cours en entrepreneuriat et avec le soutien du département de la FAREI du ministère de l’Agro-industrie, elle s’est lancée dans la culture des corossoliers. Elle s’est aussi inscrite au National Women Entrepreneur Council qui lui a été d’une grande aide, soutient-elle.

Elle insiste sur le fait que la production du thé de corossol se fait de façon artisanale. Les feuilles sont séchées puis on les fait moudre dans un broyeur domestique afin qu’elles préservent leurs vertus naturelles
Virginie révèle qu’elle importe de Singapour un papier spécial à base de maïs bios pour ensacher ses produits. Une boîte de 25 sachets de thé de corossol est à Rs 195.

L’atelier artisanal de Coropure fabrique aussi un savon spécial à base de feuilles de corossol. Elle explique que la saponification est faite à froid pour préserver toutes les vertus naturelles de la feuille. Elle dit aussi que c’est un savon qui est benefique pour la peau. Il se vend à Rs 220 la pièce.

 Virginie écoule ses produits dans les établissements hôteliers, dans les centres de bien-être et les salons de beauté. Elle vise pour bientôt les supermarchés. Soulignons que l’on peut procurer  ses produits à son atelier à la rue Théodore Sauzier à Curepipe. Belle revanche pour cette orpheline de père et de mère qui a été élevée par son oncle.