Kriti Taukoordass (associé gérant de Mazars): «La transition vers l’IFRS est une nécessité» | Défi Économie Aller au contenu principal

Kriti Taukoordass (associé gérant de Mazars): «La transition vers l’IFRS est une nécessité»

Kriti Taukoordass

La bonne santé d’une société financière dépend de son niveau de capital et de son fonds propre. Tel est l’avis de Kriti Taukoordass, associé gérant de Mazars.

Dans quelle mesure la transition vers l’International Financial Reporting Standard (IFRS) est-elle une nécessité ?
La bonne santé d’une société financière dépend de son niveau de capital, de son fonds propre et de la qualité de ses actifs. Les prêts sont sujets à des risques et la quantification des pertes où le coût du risque impacte directement sur la rentabilité et la solvabilité de l’entreprise. Durant la dernière crise financière (2008), la reconnaissance tardive des pertes de crédit sur les prêts a été identifiée comme une faiblesse majeure de la norme IAS 39. Cette dernière permet à une entreprise de repousser la reconnaissance de dépréciation jusqu’à la survenance d’un événement alors que la détérioration de l’action peut intervenir bien avant.

Depuis le 1er janvier 2018, IFRS 9 a introduit un nouveau modèle de dépréciation qui nécessite une reconnaissance plus rapide des pertes de crédit attendues. La nouvelle norme exige que les entités comptabilisent les pertes de crédits prévues dès le moment où les instruments financiers sont comptabilisés. La transition est une nécessité pour les banques et les institutions financières.

Dans quelle mesure l’IFRS 9 change-t-elle la façon dont on traite les données financières ?
Les nouveaux éléments introduits dans l’IFRS 9 requièrent un système d’information qui génère des données (financier ou non financier) et l’accès à des informations économiques pour l’élément prospectif.
La question de la donnée, de son exhaustivité, de sa qualité, de son historique, de son délai de production et d’analyse est un enjeu majeur. Les données économiques prévisionnelles (locales ou internationale dépendant de l’origine des prêts/créances) sont aussi critiques. Certains modèles de dépréciation dépendent des notations de crédits des emprunteurs. Les exigences de la nouvelle norme en matière d’information sous l’IFRS 9 sont complexes.  

Quelle est la différence entre l’IFRS 9 et l’IAS 39 ?
Selon l’IAS 39, la classification et « dé-classification» d’une catégorie spécifique est restreinte. En outre, pendant la crise financière, les actifs qui auraient dû être évalués à la juste valeur ont été évalués selon le modèle du coût amorti, sans tenir compte de la situation économique et financière réelle.

Si la norme IFRS 9 conserve pour une large part les dispositions de la norme IAS 39 en matière de classement et d’évaluation des passifs financiers, en revanche elle supprime les catégories des actifs financiers détenus jusqu’à leur échéance, des prêts, créances et actifs disponibles à la vente.

L’amélioration apportée par l’IFRS 9 est une approche logique et unique pour la classification et l’évaluation des actifs financiers. L’IFRS 9 remplace le modèle de perte encourue de l’IAS 39 par un nouveau modèle de dépréciation, prospectif, fondé sur les «pertes attendues » ou « l’Expected Credit Losses ». Donc, sous le modèle IFRS 9, une dépréciation est reconnue au moment de la mise en place d’un prêt avant même l’instance de défaut.