Arts - Yasmine Sheik Dawood : une nouvelle vie sur canevas | Défi Économie Aller au contenu principal

Arts - Yasmine Sheik Dawood : une nouvelle vie sur canevas

Arts

Avant de mettre à profit sa passion pour les arts et la couture, elle a roulé sa bosse dans différents magasins de vêtements. Fin 2018, elle se lance dans le cadrage de dessins imprimés sur canevas ou des broderies, question d’arrondir ses fins de mois. Le démarrage est lent. Elle est convaincue qu’il y a du potentiel.

« J’ai toujours été attirée vers les arts depuis mon entrée au collège. Nous travaillions sur du canevas. Nous brodions. Nous encadrions le tout. Nous recevions des notes sur la qualité du travail. J’ai été parmi les meilleurs, ce de la Form I à la Form III », affirme Yasmine Sheik Dawood, 33 ans, divorcée et maman de trois enfants. «C’est un exercice passionnant, tant cela demande du temps, de la précision et de la concentration.

À la moindre erreur, il faudra défaire jusqu’à la maille de trop ou recommencer sur un nouveau tissu. »

Cette passion, elle n’a pu la transformer en une opportunité d’affaires 17 ans durant. Pour des raisons familiales, l’aînée d’une famille de cinq enfants est contrainte de stopper ses études en Form III au collège Bhujoharry, à Port-Louis. Pendant une année et demie, elle reste à la maison avant de prendre un emploi en tant que vendeuse dans un magasin. Elle passe ensuite chez un magasin de vêtements griffés. Elle fera le tour des différentes chaînes et marques. Elle se marie, accouche le premier et reprend du service. Depuis deux années et demie, elle travaille en tant que Shop Assistant dans un magasin de rideaux situé la à rue Remy Ollier, Port-Louis, un univers qui éveille en elle sa passion pour le canevas et la broderie.

« C’est le père de mes enfants qui m’a encouragée pour m’engager dans cette voie, Il a acheté le bois, les crochets, les tissus, les fils. Bref, tout l’attirail. Il m’a donnée un coup de main au début, » affirme cette habitante de Vallée-Pitot. « Ma patronne m’a également apporté son soutien. Elle m’a expliqué comment mettre en valeur mes créations. »

Son marketing, c’est sur Facebook. Dès le départ, elle a créé sa page Canvas Deco, où elle poste de manière régulière ses créations avant de les partager dans des forums commerciaux ayant des dizaines de milliers de membres. D’ailleurs, c’est à travers ce réseau social qu’elle a obtenu sa première commande, mettre sur cadre un canevas de 80 centimètres par 60 centimètres. Elle explique que les Mauriciens expriment un réel intérêt pour ses produits. Entre demandes d’information et placer une commande ferme, cependant, le futur client hésite.

La nouvelle entrepreneure ne se désarme pas pour autant, car elle croit dur comme fer qu’il y a de l’avenir aussi longtemps qu’on investit dans l’innovation. Un exemple : elle offre de la broderie personnalisée sur des serviettes et des housses. Qui plus est, son service est modulé sur ce que recherchent les clients en termes de tissus, types et qualité des fils.

« J’attends avec impatience l’arrivée de la nouvelle collection. Chaque année, en moyenne, il y a quatre collections qui s’ajoutent à celles qui existent. L’année dernière, par exemple, les flamants avaient la cote, » dit-elle. « Je suis confiante. Je ne fais que démarrer. »