Indicateurs : les estimations annuelles pour le tourisme virent au ralenti | Défi Économie Aller au contenu principal

Indicateurs : les estimations annuelles pour le tourisme virent au ralenti

Tourisme
Les fréquences des vols et le timing posent problème.

Il fallait s’y attendre. La croissance en termes d’arrivées et de revenus a été revue à la baisse, en tenant compte de la tendance affichée au premier semestre. L’Asie est en chute libre, un manque que ne peut combler l’Europe, notre marché de référence.

En 2019, Maurice devrait accueillir 1 425 000 visiteurs. Cette estimation - communiquée par Statistics Mauritius dans son analyse trimestrielle sur l’industrie du tourisme, le lundi 26 août – est inférieure de 25 000 par rapport à la prévision initiale faite en novembre 2018. Donc, la croissance relative aux arrivées de 2018 serait de 1,8%. Statistics Mauritius a rabaissé ses estimations en tenant compte des informations obtenues auprès des opérateurs du secteur et après analyse des données au premier semestre.

Ces chiffres, précisément, montrent que les arrivées ont à peine décollé sur les six premiers mois de 2019. La croissance n’a été que de 0,5% alors qu’on a tablé sur une progression de 2,5% (avant la nouvelle révision à la baisse). Sur les sept principaux marchés, comptant pour 69% des arrivées, seuls la France, l’Allemagne et l’Afrique du Sud sont en progression. La Chine est en baisse de 35,1%. Les arrivées de l’Inde ont diminué de 15,4%.

« Certes, les statistiques démontrent un ralentissement sur les six premiers mois. Mais nous devons mettre ces chiffres dans leur juste perspective. Par rapport à la connectivité aérienne, Air Mauritius a annulé une centaine de vols sur les quatre premiers mois de l’année. Pendant, un mois, Emirates a ramené sa desserte à un vol quotidien contre deux. Les vols annulés par British Airways au cours de la grève équivalent à 1 200 passagers en moins. Les arrivées de la Chine et de l’Inde, deux marchés représentant un fort potentiel pour la destination mauricienne, sont en baisse. Les fréquences des vols et le timing posent problème », fait ressortir un observateur de l’industrie touristique. « Qui plus est, nous devons nous rendre à l’évidence que la situation politique et économique dans le monde nous sont défavorables. L’impact du Brexit se reflète dans les arrivées. En France, les gilets jaunes ont contribué au ralentissement. Maintenant, en Asie, nous avons les affrontements à Hong Kong. »

La performance du tourisme – que ce soit sur une base mensuelle ou trimestrielle – est toujours d’actualité pour de multiples raisons. C’est l’un des deux principaux piliers de l’économie mauricienne. Le nombre d’emplois directs et indirects est de quelque 100 000. L’industrie du tourisme demeure une source majeure de devises étrangères (euros, dollars et livre sterling). Et à ce chapitre, la situation se complique. Pourquoi ?

Parce que la Banque centrale a ramené ses estimations de recettes annuelles à Rs 64,7 milliards, soit que Rs 700 millions de plus que 2018. La partie ne serait pas acquise si on ne tient compte de la tendance. Les revenus ont baissé de janvier à mai. On note une légère reprise qu’en juin. Selon le dernier bulletin mensuel de la Banque centrale, les recettes semestrielles ont reculé de quelque Rs 2,4 milliards comparées à la période correspondante en 2018, pour glisser à Rs 31,1 milliards.