Nouvelles lois du travail : des licenciements à prévoir chez les PME | Défi Économie Aller au contenu principal

Nouvelles lois du travail : des licenciements à prévoir chez les PME

PME
Pour de nombreux entrepreneurs, les nouvelles lois n’encouragent pas le développement de l’entreprise.

Le Workers’ Rights Bill a été voté au Parlement le mardi 13 août. Si  l’adoption de ce texte de loi apportera un soulagement à de nombreux employés dans divers secteurs d’activités, toutefois pour les dirigeants des petites et moyennes entreprises (PME),  c’est une pilule dure à avaler.

Le membre fondateur de la SME Chamber of Commerce and Emerging Industry, Dev Sunnasy, est catégorique. « Une PME fonctionne plus comme une famille et toute loi pour le bien-être de la famille est la bienvenue. Toutefois, l’entreprise doit aussi grandir », fait-il ressortir. Pour grandir, dit-il, une PME doit enregistrer plus de ventes. « Toutefois, à Maurice, de nombreuses PME n’ont pas vraiment un marché pour écouler leurs produits. Par ailleurs, elles peinent à trouver des travailleurs. Avec les nouvelles lois, leur tâche sera encore plus difficile », déplore-t-il.

Maya Sewnath, directrice de SSS Furniture,  ne cache pas son amertume. « Les nouvelles lois tueront le secteur de l’entrepreneuriat », avance la chef d’entreprise. Selon elle, il y a trop de lois en faveur des travailleurs. « Ainsi, ils se sentent ‘forts’ et ne se donnent pas à fond dans leur travail. Ils savent que, même s’ils fautent, il y a des lois qui les protègent. Ils sont de plus en plus exigeants », déplore-t-elle. Pour elle, en offrant trop des ‘privilèges’ aux employés, les PME ne seront pas en mesure de grandir.

Selon Dev Sunnasy, avec l’arrivée de la Workers’ Rights Act, des licenciements dans des petites entreprises sont attendus. « D’ailleurs, avec l’introduction du salaire minimal, plusieurs PME ont dû réduire leur personnel pour assurer leur survie. Avec les nouvelles lois, la situation va s’empirer », déplore-t-il. Pour Maya Sewnath, la question de licenciement ne se pose pas. « J’emploie principalement des étrangers, même si le processus de recrutement est plus coûteux, car les Mauriciens ne veulent plus travailler dans la menuiserie », déplore-t-elle.

Au niveau de Business Mauritius, l’on indique que les provisions relatives aux contrats de travail à durée déterminée ainsi qu’à l’emploi de sous-traitants (job contractors), pourraient amener soit à des licenciements conséquents dans ces secteurs, soit à une forte réduction du recours aux sous-traitants. Cela pourrait mettre en péril plusieurs PME opérant dans la construction et l’agro-industrie.

Des entrepreneurs ont exprimé des craintes concernant des clauses particulières de la Workers’ Rights Act, telles que :

  • Article 13 qui prévoit un contrat à durée déterminée
  • Article 23 qui détaille les conditions relatives au « shift work »
  • Article 47 relatif aux « Vacation Leaves »
  • Article 87 qui prévoit la création d’un Portable Retirement Gratuity Fund.

    Sunil Bholah : « Quelle que soit la taille de l’entreprise, les droits des travailleurs devraient être respectés »

    Sunil Bholah, ministre des Affaires et des Coopératives, indique qu’à Maurice, les PME sont considérées comme l’un des secteurs les plus prometteurs, représentant  33% de la valeur ajoutée et 49 % de l’emploi total. Selon lui, quelle que soit la taille de l’entreprise, les droits des travailleurs devraient être respectés par l’employeur.  Avec la promulgation de cette nouvelle loi sur les droits des travailleurs, dit-il, le gouvernement souhaite garantir la protection de chaque employé contre les abus dans toute entreprise. « Le respect de la loi sur les droits des travailleurs permettra aux PME de profiter de leurs avantages uniques pour attirer et retenir les talents rares en consolidant les droits des employés », soutient le ministre.