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Amrit Gayan : «Nous lancerons de nouveaux services basés sur les technologies»

Amrit Gayan

Il y a de la concurrence entre les sociétés non bancaires engagées dans les modes de paiements électroniques. Tel est l’avis d’Amrit Gayan, Head of Operations de la SBM.

Quelle est votre évaluation de la situation actuelle du secteur bancaire local, notamment par rapport à la numérisation grandissante des produits et services ?
Au cours de la dernière décennie, les banques ont mis en place diverses stratégies et politiques pour s’adapter aux changements intervenus dans le sillage du développement numérique. À la SBM, nous avons adopté une feuille de route axée sur une numérisation grandissante de nos produits et services afin de nous ajuster aux nouvelles habitudes des clients et des utilisateurs de nos services. Notre plan de numérisation de nos services se décline de plusieurs manières, et comprend des produits et services tels que la demande de prêt en ligne (Online Loan Application), le service Billpay, que nous avons introduit il y a quelques années déjà. Nous travaillons également sur d’autres projets qui seront dévoilés dès qu’on obtient l’aval des régulateurs.

Avec une corde très sensible en ce qui concerne l’environnement, nous avons également introduit la signature numérique, ou ’Signature Pad’, qui permet au client de voir le formulaire sur un écran et de signer directement sur cet écran, limitant ainsi la consommation de papier.

En outre, nous comptons aujourd’hui des robots qui travaillent côte à côte avec nos collaborateurs, remplaçant ces derniers pour des tâches répétitives et sans valeur ajoutée, leur permettant de s’adonner à d’autres activités plus valorisantes.

À l’ère de la digitalisation, quels sont les défis auxquels nous sommes confrontés ?
Tout d’abord, il y a la concurrence de sociétés non bancaires engagées dans les modes de paiement électroniques. Avec la vulgarisation des smartphones, de plus en plus de personnes ont accès à ces moyens de paiement, qu’ils soient bancarisés ou non. C’est un défi mais en même temps une opportunité pour les institutions bancaires d’innover. Ainsi, à la SBM, nous avons lancé l’année dernière le service Alipay. Il s’agit d’une plateforme de paiement dématérialisé par téléphone qui est reconnue et acceptée partout à travers le monde.

L’autre défi important auquel nous devons faire face est la prévalence des fraudes électroniques et le piratage. De nos jours, les fraudes sont plus intelligentes, ciblées et structurées. Une autre tendance concerne le nombre de cas de fraudes. En effet, de nos jours, les fraudes sont plus nombreuses, mais n’impliquent pas des sommes conséquentes, ce qui rend la traque plus complexe. Pour contrer ce phénomène, nous mettons tout en place pour offrir des services quasi infaillibles. Souvent, cependant, nous constatons que ce n’est pas le service qui est défaillant mais bien l’utilisation qu’on en fait.

À mesure que les modes de paiement se dématérialisent, il convient pour les utilisateurs d’adopter de bonnes pratiques et d’être vigilants, notamment lors de l’utilisation de certaines applications de paiement sur mobile qui peuvent transférer les données à des tiers, ou lorsqu’on utilise des moyens de paiement sans contact. Il y a toute une éducation et une sensibilisation à faire, et la SBM lance souvent des campagnes afin de mieux conscientiser les utilisateurs pour qu’ils adoptent des pratiques qui limitent les risques de fraudes. Il est toujours bon de rappeler qu’il ne faut en aucun cas divulguer ses détails de carte ou ses identifiants et mots de passe, et que ces données doivent être gardées soigneusement.

Comment la banque se prépare-t-elle à la vulgarisation des crypto-monnaies ?
Plutôt que de parler de crypto-monnaies, dans le monde bancaire, nous préférons le terme ‘Digital Assets’. Nous offrons déjà certaines solutions en matière de ‘Digital Assets’ (crypto-valeurs) qui sont en accord avec les recommandations et directives de la Financial Services Commission. En raison de leur grande volatilité, les clients potentiels doivent bien comprendre les enjeux associés aux crypto-valeurs avant qu’ils ne commencent à traiter avec ces produits.

Je dois toutefois souligner que la SBM a été l’une des premières banques du pays à engager la discussion autour de la FinTech, de la Blockchain et d’autres produits relatifs dans des forums publics. Il nous faut avant tout vulgariser ces concepts et nous assurer que le public les maîtrise bien avant de venir avec des offres correspondantes.

En matière d’innovation, quels sont les projets sur lesquels la SBM travaille actuellement ?
Nous avons effectivement plusieurs projets en cours et nous lancerons de nouveaux produits et services basés sur les technologies au grand public en fonction des besoins et de la maturité du marché.