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Marjaana Sall, Ambassadrice de l’Union européenne à Maurice sur le Brexit : «Il y a la volonté de trouver une solution positive»

Marjaana Sall

La recherche d’une solution positive sur le Brexit est la bonne approche. Tel est l’avis de Marjaana Sall, ambassadrice de l’UE à Maurice. Entretien.

Quel regard portez-vous sur les négociations du Brexit ?
Comme beaucoup d’autres, je suis la situation avec attention. Le 10 avril dernier, les dirigeants de l’Union européenne (UE), réunis en sommet extraordinaire, ont convenu de prolonger le délai prévu à l’article 50 jusqu’à la fin d’octobre 2019. Cette décision a été prise en accord avec le Royaume-Uni. Derrière cette décision des leaders européens, il y a la volonté de ne pas renoncer à rechercher jusqu’au dernier moment une solution positive, sans pour autant rouvrir l’accord de retrait. Je pense que cette recherche d’une solution positive est la bonne approche.

Comment revoir l’UE de manière à ce qu’elle puisse faire face aux défis à venir ?
Les dirigeants européens ont réfléchi à cette importante question et ont défini le programme stratégique de l’UE pour la période 2019-2024. Ce programme s’articule autour de quatre priorités : protéger les citoyens et les libertés ; mettre en place une base économique solide et dynamique ; construire une Europe neutre pour le climat, verte, équitable et sociale ; et promouvoir les intérêts et les valeurs de l’Europe sur la scène mondiale. Ces axes permettront à l’Europe de renforcer son rôle dans un monde de plus en plus multipolaire et incertain.

L’UE compte une forte surrèglementation et la perte d’identité nationale qui en découle. Comment vous adressez-vous à ceux qui vous disent : «Bruxelles dicte tout» ?
Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation. L’UE a mis en place des institutions pour que les intérêts des États membres et des citoyens soient défendus, notamment le Conseil de l’UE et le Parlement européen où les députés sont élus au suffrage universel direct. Avant la tenue des élections européennes de mai dernier, il y avait beaucoup de prédictions sur l’avancée des partis eurosceptiques et populistes et sur son impact sur le nouveau Parlement européen.

Or, ces prédictions ne se sont pas réalisées. Bien que ces partis aient progressé dans certains États membres, il existe une majorité pro-UE claire au niveau du Parlement. C’est une bonne nouvelle pour l’UE. Le taux de participation, le plus élevé en 25 ans, est le signe que l’UE compte pour les Européens. Il faut noter aussi certains grands partis eurosceptiques qui semblent avoir abandonné l’idée d’une sortie de l’UE pour opter pour une réforme de l’UE.