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Marché du travail : ces métiers que les jeunes ne veulent pas faire et pourquoi ?

Textile
Les métiers à l’usine n’attirent plus.

Malgré un taux de chômage assez élevé chez les jeunes, certains postes et métiers peinent toujours à trouver des candidats. Quels sont les métiers que les jeunes boudent ? Quels sont les postes pour lesquels les entreprises ont des difficultés à recruter ?  Eléments de réponses.

Les métiers hérités

Certains métiers sont légués de père en fils : cordonnier, tailleur, menuisier, charbonnier et ferblantier, entre autres. De nos jours, il est très difficile pour les jeunes de reprendre le flambeau familial. C’est ce qu’indique Marine Biarnes, General Manager de CareerHub.mu. « Avec l’ère de l’hyper-consommation des grandes surfaces, ces petites maisons familiales ont connu des moments difficiles pour pouvoir rester « en vie ». Par la suite, témoins de ces difficultés, les enfants n’ont pas voulu subir cette galère », fait-elle ressortir. Si ces métiers disparaissent chaque jour, les formations se font aussi rares. « Bientôt il n’y aura plus de formateurs pour les jeunes », dit-elle.

Les métiers manuels

Jessyca Joyekurrun, responsable des Ressources humaines d’Expand Human Resources, dit que les métiers que les jeunes boudent les métiers manuels : peintre, maçon, plombier, handyman, réparateur d’appareils électroménagers et électroniques, jardinier et nettoyeur entre autres.

« La démocratisation de plusieurs institutions tertiaires a causé la stigmatisation de ces métiers. C’est dommage. Je pense, d’une part, à ce jeune qui préfère rester à la maison pendant des années, car il veut se lancer dans une carrière dans laquelle il n’aura aucune ouverture, et d’autre, au fait que celui qui se lance dans un métier manuel ou vocationnel peut toucher entre Rs 50 000 et Rs 100 000 par mois », indique-t-elle.

Textile et construction

Idem, de nos jours, les métiers classiques à l’usine ou sur les chantiers de construction n’attirent plus les jeunes. « Le travail à la chaîne n’est plus aussi valorisant qu’auparavant et les jeunes aspirent à d’autres expériences et à plus de mobilité », soutient Marine Biarnes. Selon elle, il y a deux raisons.

Primo : l’avènement des nouveaux métiers à Maurice qui devient un hub financier et numérique. Secundo : la mentalité de la jeune génération qui évolue. « De manière générale, la jeune génération ne veut plus faire carrière et rentrer « au bas de l’échelle » dans une entreprise et y rester toute sa vie. C’est la génération de l’hyper-connectivité et du ‘je-veux-tout-tout-de-suite’ », soutient notre interlocutrice.

Grande distribution (Supermarché / hypermarché)

Le manque de main-d’œuvre se fait aussi sentir dans le secteur de la grande distribution. Selon Kavi Doolub, directeur de marketing & communication chez King Savers Ltd, le secteur de la grande distribution devient de plus en plus compétitif.

« Beaucoup de jeunes ne comptent pas faire carrière dans la grande distribution. Ils ne donnent pas le maximum au travail. Pour eux, c’est plutôt une activité ‘bat-bate’ en attendant de décrocher un autre emploi », explique-t-il. Kavi Doolub avance que ceux qui persistent avec la main-d’œuvre mauricienne doivent forcément dépenser plus sur la formation soutenue et continue. « Pour retenir ces jeunes, certains proposent même des bénéfices au-dessus de la moyenne », dit-il. Sinon, les enseignes se dirigent désormais vers la main-d’œuvre étrangère.

Emploi dans différents secteurs d’activités (1er trimestre 2019)

Primaire : Agriculture, forestier, pêche, extraction... 34 490 6,5 %
Secondaire: Manufacturier, approvisionnement en électricité, gaz, et climatiseurs, approvisionnement en eau, gestion des eaux usées, dépollution et construction 130 494 23,9 %
Tertiaire : Commerce, hébergement et restauration, transport et logistique et toutes les autres industries de service 380 016 69,6 %