Hemraj Bhoyroo, de la Consumer Affairs Unit (CAU) : «Les prix doivent être affichés, dans les magasins» | Défi Économie Aller au contenu principal

Hemraj Bhoyroo, de la Consumer Affairs Unit (CAU) : «Les prix doivent être affichés, dans les magasins»

Hemraj Bhoyroo

Il n’existe aucune loi qui protège les touristes contre des ‘prix exorbitants’ pratiqués par certains commerces. C’est ce que fait comprendre Hemraj Bhoyroo, Senior Consumer Affairs Officer de la Consumer Affairs Unit (CAU). Cependant, il souligne qu’un projet de loi est en cours pour résoudre le problème des prix injustes.

Plusieurs touristes se font arnaquer en payant le prix fort pour des produits qui coûtent beaucoup moins cher. Quelle est la position de la CAU dans ces cas ?
Il est bon de faire ressortir qu’il existe deux types de prix. D’abord, il y a les prix contrôlés et fixés.  Cela concerne les prix des carburants, de la farine, du gaz ménager et du pain maison. Par ailleurs, il y a des prix contrôlés mais pas fixés (notamment les produits de consommation) d’où le commerçant applique sa marge de profits. Le deuxième type concerne les prix libéralisés. À Maurice, la majorité des prix des produits sont libéralisés pour que les consommateurs bénéficient de la force du marché. Cependant, peu importe quels types de produits, il y a un besoin d’afficher les prix, c’est ce que la loi stipule.

Si un commerçant n’affiche pas le prix sur un certain produit, c’est un délit.  Ainsi, si un touriste a payé un prix exorbitant pour un produit, ce n’est pas une fraude si le prix a été affiché sur le produit dans le magasin.  Si le consommateur a accepté de payer le prix affiché, la question d’une offense ne se pose pas. Toutefois, suite aux plusieurs plaintes sur les prix ‘exorbitants’ pratiqués par certains commerces, la CAU travaille actuellement sur un nouveau projet de loi d’où nous allons adresser les problèmes liés aux prix injustes.

Que fait la CAU pour prévenir ce type d’arnaque ?
Les officiers de la CAU font des visites surprises, y compris dans tous les magasins touristiques sur une base régulière.  Il y a souvent des contraventions qui sont principalement liées au non-affichage des prix. Il est important de faire ressortir que les prix doivent être affichés en roupies mauriciennes dans tous les magasins touristiques. Pour faciliter la tâche des touristes, les commerces peuvent aussi indiquer les mêmes prix en euros ou en dollar au-dessus des prix en roupies mauriciennes.

Y a-t-il d’autres types de plaintes que font les touristes ?
Oui, nous avons constaté qu’il y a aussi des plaintes de la part des étrangers liées à des produits contrefaits. Par exemple, un sac à main d’une marque de renom internationale se vend à Rs 10 000 au lieu de
Rs 70 000. Les touristes sont nombreux à faire la différence entre l’original et l’imitation. Mais ces cas sont dirigés vers le département de l’Intelligence Property Rights de la douane et l’Anti-Piracy Unit de la police.

Les plaintes des touristes sont-elles nombreuses ? Un chiffre pour indiquer ?
En moyenne, la CAU reçoit 250 plaintes tous les mois. Cela concerne toutes les plaintes confondues. Nous n’avons pas des chiffres exacts mais je peux dire que les plaintes des touristes ne dépassent pas les 5% du nombre total par mois.

Quelles sont les amendes et les sanctions ?
Les commerçants doivent impérativement afficher les prix de leurs produits correctement. Au cas contraire, ils risquent une amende allant jusqu’à Rs 300 000 et un emprisonnement jusqu’à cinq ans.  En ce qui concerne les produits contrefaits, les cas sont référés à la police.