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Entreprise : ces femmes qui font partie des conseils d’administration

Ces femmes qui font partie des conseils d’administration

Siéger au sein d’un conseil d’administration est une expérience riche pour la femme. Une d’elles estime que la féminisation des conseils d’administration demeure faible. Une autre révèle que des études montrent qu’au moins trois femmes sont nécessaires pour modifier la dynamique des conseils. Rencontres.

Pauline Seeyave : « Mon défi est de mettre mes compétences dans les prises de décisions stratégiques »

Pauline Seeyave Pauline Seeyave, Chief Financial Officer du groupe Beachcomber Resorts & Hotels, fait partie du conseil d’administration de New Mauritius Hotels Ltd depuis 2016. Sa principale fonction est de comprendre et d’hiérarchiser les besoins de toutes les Business Units, des opérations et des artisans. Et surtout de leur donner les moyens de se développer tout en facilitant le flux de la trésorerie. « Siéger au sein d’un conseil d’administration est une expérience riche qui requiert un réel engagement. Le défi à mon niveau, c’est de mettre mes compétences dans les prises de décisions stratégiques, afin de répondre aux objectifs du groupe sur le plan financier, social et environnemental », explique-t-elle.

Notre interlocutrice estime que malgré des progrès accomplis dans plusieurs sphères de la société, la féminisation des conseils d’administration et des comités de direction demeure faible. « Au niveau de Beachcomber Resorts & Hotels, nous sommes plusieurs à faire partie de la direction et deux femmes à siéger au conseil d’administration », fait-elle ressortir.  

Au-delà du fait d’avoir plus de femmes, il est important d’avoir une diversité d’opinions et une complémentarité de compétences au sein du conseil, estime Pauline Seeyave.

Michelle Carinci : « La diversité au sein de l’entreprise apporte de nouvelles perspectives »

Michelle CarinciMichelle Carinci est la Managing Director et l’Executive Director de Lottotech Ltd. Elle précise que le conseil, sur lequel elle siège, privilégie les discussions et argumentations et chacun s’appuie sur son expertise. 

« Dans la mesure où chaque membre du conseil est responsable envers tous les actionnaires, le défi principal est d’assurer la stabilité de la compagnie tout en se focalisant sur les objectifs à atteindre. Car chaque décision aura un impact sur les résultats de l’entreprise », fait-elle ressortir.  Et de poursuivre qu’il est prouvé que les entreprises avec des femmes siégeant sur leur conseil d’administration sont plus performantes que celles qui n’en ont pas.  

« Selon le Harvard Business Review, la diversité au sein de l’entreprise apporte de nouvelles perspectives et stimule l’innovation. Par conséquent, la performance de ces entreprises surpasse par 41 % la performance des conseils d’administration composés uniquement d’hommes », fait-elle observer. Pour elle, l’amendement de la loi pour qu’il y ait au moins une femme au sein des conseils donnera la possibilité à plus de femmes de faire montre de leur talent. « Mais une femme ne suffit pas pour apporter le changement voulu à la dynamique d’un conseil. Un minimum de deux femmes, soit une représentation d’un minimum de 20 %, facilitera la participation de celles-ci », estime-t-elle.

En guise de conclusion, elle juge qu’on devra mettre de côté les stéréotypes et encourager les femmes à prendre des rôles de leaders qui subséquemment les poussera à être des futures directrices au même statut que les hommes.

Jyoti Achameesing : « Beaucoup de sacrifices pour réussir sa carrière en tant que femme »

Jyoti AchameesingJyoti Achameesing est Non-Executive Director au sein de différents conseils tels que Terragen, Maurinet Investment et Lottotech, entre autres. Titulaire d’une maîtrise en promotion de l’investissement et développement économique et d’un baccalauréat spécialisé en services financiers de l’Université Napier, elle est actuellement la Senior Finance Executive de la State Investment Corporation Ltd.

Pour réussir sa carrière en tant que femme, notre interlocutrice estime qu’il faut faire beaucoup de sacrifices. « Dès le début, vous devez être interactive et ne pas hésiter à poser des questions. Vous devez faire avancer les discussions dans les salles de réunion de manière compétente et efficace, tout en respectant le code d’éthique du conseil », indique-t-elle. Elle ajoute qu’il est important d’être guidée par la confiance et l’expertise pendant l’exercice de ses fonctions.

Selon elle, la décision budgétaire de nommer au moins une femme sur chaque conseil d’administration pourrait transformer l’économie mauricienne. « Les recherches du Fonds monétaire international ont montré qu’en ajoutant une femme de plus à un conseil, tout en conservant la taille, rend l’actif plus élevé de 8 à 13 points de base », fait-elle remarquer.  

Elle estime qu’il est temps de faire en sorte que les femmes n’aient pas à se battre pour avoir une place au sein d’un conseil d’administration à prédominance masculine.

« Des études montrent qu’au moins trois femmes sont nécessaires pour modifier la dynamique des conseils. Nous nous attendons à ce que les choses changent progressivement dans notre île », souhaite-t-elle.

La proportion de femmes dans les conseils d’administration

8 %. C’est le pourcentage de femmes au sein des conseils d’administration dans le secteur privé. C’est ce qui ressort d’un récent sondage du Mauritius Institute of Directors menée auprès d’une cinquantaine de sociétés privées.

La proportion de femmes occupant des postes élevés dans la hierarchie de la fonction publique est passée de 20 % en 1997 à 37 % en 2017. Elles sont notamment des Senior Chief Executives, Permanent Secretaries, juges et magistrates. C’est ce qui ressort du dernier rapport ‘Gender Statistics’ de Statistics Mauritius.