Douce Nature : la dermatologie en version bio | Défi Économie Aller au contenu principal

Douce Nature : la dermatologie en version bio

Naseema Douce
Naseema Douce a tout plaqué pour se mettre à son compte.

Il n’est pas donné à tout le monde de quitter son travail, s’engager dans la même filière à son propre compte et concurrencer ses employeurs successifs. Ainsi pourrait se résumer le parcours professionnel de Naseema Douce. Mais son cheminement n’a jamais été un fleuve tranquille.

Les ingrédients principaux de son histoire ont trait aux soins dermatologiques. Pendant 20 ans, Naseema Douce, en tant que commerciale, sillonne le pays pour vanter les mérites de ces produits auprès des professionnels reconnus. À eux de les prescrire à leurs patients pour qu’ils en achètent auprès des pharmacies. Au cours de ces décennies, elle se tisse un réseau. Elle est respectée. Car il ne s’agit pas de vendre sur le court terme. La confiance s’enracine dans la durée.

Quand les ventes sont en croissance, l’équipe commerciale peut se permettre un moment de répit. Si les objectifs fixés sont loin d’être atteints, c’est alors le branle-bas de combat. De telles conditions de travail sous pression, Naseema Douce en a vécues durant sa carrière. N’empêche qu’en 2015, la situation devient « intenable ». Elle ne se retrouve plus dans cette course aux chiffres. En octobre, elle décide de tout quitter, boni de fin d’année, véhicule de fonction et autres privilèges. L’heure de s’installer à son propre compte est arrivée. Difficile décision.

« En attendant de lancer et le temps que je trouve un laboratoire (de produits) avec qui travailler, j’ai aidé une petite firme spécialisée dans le secteur médical, » relate la directrice, 59 ans et mère de trois enfants. « Par la suite, je suis tombée sur le laboratoire Cytolnat. Je n’avais rien. La direction m’a fait confiance. Au départ, ma commande n’a été que de 300 euros. Aujourd’hui, j’offre 40 références du même laboratoire. »

Ainsi, Douce Nature Limitée voit le jour en juillet 2017. Sa spécialité est l’importation de produits de soins dermatologiques et capillaires dit bio (sans intrants chimiques). Elle représente deux marques que sont Cytolnat et Biokap. À ses débuts, elle n’a pas hésité à sacrifier ses avantages d’employé pour rouler dans une petite voiture, achetée à Rs 35 000 pour faire la tournée. Elle prenait aussi le bus.

Après presque deux années d’opération, Douce Nature a gravi bien des échelons. L’entreprise a recruté deux conseillères. Elles sillonnent le pays, de pharmacie en pharmacie, pour écouler les produits directement aux clients. Fini les moments perdus dans le bus pour assurer la livraison d’une commande. Aujourd’hui, elle a sous-traité cependant des affaires à une firme spécialisée.

« Ce segment de la pharmaceutique est très compétitif. Je n’ai pas baissé les bras. Avec le courage, j’ai pu surmonter les difficultés. Je ne suis pas un grand opérateur », explique Naseema Douce. « Je tiens à remercier les dermatologues qui ont cru en moi quand je me suis mise à mon propre compte. Tout a été fait sur une relation de confiance et de qualité. »

Le chiffre Rs 4,7 milliards

L’usage des produits pharmaceutiques et médicinaux est en progression si on se fie à la valeur des importations. L’année dernière, la facture a été de Rs 4,7 milliards, 12 % de plus qu’en 2017, affirme Statistics Mauritius dans un document en date de fin février. Si nous poussons la calculette plus loin, nous arrivons à ce constat : si un Mauricien a importé des marchandises pour une somme de Rs 1 000, il aura déboursé Rs 24 pour les produits pharmaceutiques et médicinaux.