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Post-Study Work Visa : engouement des étudiants étrangers pour travailler à Maurice

Étudiants étrangers
Les étrangers, ayant étudié dans des universités à Maurice, pourront travailler sur le territoire pour une période de trois ans.

Le Post-Study Work Visa, mesure annoncée dans le Budget 2019-2020, permettra aux étudiants étrangers de travailler à Maurice dans divers secteurs d’activités. Comment les étudiants étrangers et les établissements d’enseignement supérieurs accueillent-ils cette décision ? Éléments de réponse.

Le gouvernement veut introduire le Post-Study Work Visa. Une mesure qui permettra aux étudiants étrangers d’obtenir un permis de travail pour une durée maximale de trois ans. Le Post-Study Work Visa leur donnera en effet la possibilité de travailler à Maurice après avoir complété leurs études dans des secteurs de biotechnologie, la technologie de l’information et de la communication, la FinTech et l’Intelligence artificielle (AI).

Les avantages sont nombreux : plus de compétences afin de répondre aux besoins du marché de travail. Selon Barlen Pillay, secrétaire-général de la MCCI, le permis de travail post-éducation pour les gradués étrangers dans le domaine de la FinTech et l’Intelligence artificielle aura un impact positif sur le développement de ce secteur d’activité.

Environ 1 736 étudiants étrangers poursuivent des études post-secondaires à Maurice selon la Tertiary Education Commission.

L’Amity Institute of Higher Education compte plus de 100 étudiants étrangers de divers pays d’Afrique, d’Inde et du Népal. « Grâce au Post-Study Work Visa, nous nous attendons à ce que ce le nombre augmente », se réjouit le Dr Dhananjay Keskar, directeur d’Amity Institute of Higher Education.

Plus de 25 nationalités

On note le même enthousiasme chez Medine (Uniciti), dont 40 % de sa population d’estudiantine sont d’origine étrangère avec plus de 25 nationalités différentes, souligne Steena Kistnen, General Manager chez Uniciti Education Hub.

Pour le Dr Dhananjay Keskar directeur de l’Amity Institute of Higher Education, cette mesure permettra de répondre à la demande sur le marché du travail. « Délivrer un visa de travail pour une période de trois ans aux étudiants étrangers à la fin de leurs études de premier cycle afin de travailler dans des secteurs des TIC, de l’IA et de la biotechnologie est une aubaine pour répondre à la demande du marché ». Et de conclure : « Nous prévoyons d’introduire une spécialisation dans ce programme dans les domaines de l’Intelligence artificielle et de la science des données. »

Accenture considérera les demandes des étudiants étrangers

Selon Yashmee Dewoo, responsable des Ressources humaines chez Accenture à Maurice, le Post Study Work Visa est intéressant, car il permettra aux organisations d’élargir leurs viviers de talents et d’améliorer leurs recrutements. « Nous avons déjà des universités internationales qui opèrent à Maurice avec une variété de cours et cela nous aidera à recruter des étudiants émérites pour trois ans, qui sont déjà formés dans l’informatique et la technologie ou dans d’autres domaines », précise-t-elle. Accenture a eu des demandes de stage auprès des étudiants étrangers.

« Nous avons une cinquantaine de travailleurs étrangers qui sont placés sur des projets spécifiques où nous n’arrivons pas à trouver les ressources nécessaires à Maurice. La demande varie selon la spécificité et la durée du projet. Maintenant, nous pouvons considérer leurs demandes », avance-t-elle.

Le désavantage d’une telle mesure

Maurice compte 19 700 sans emploi chez les jeunes âgés de 16 à 24 ans, soit 9 400 hommes et 10 300 femmes. Le nombre de jeunes ayant un emploi s’élevait à 58 300 en 2017 et à 58 800 en 2018. L’un des inconvénients du Post-Study Work Visa est que les Mauriciens auront plus de difficultés d’avoir un emploi en raison de la compétition.

Ce qu’en pensent les étudiants étrangers

Davisen B., étudie l’Information Technology depuis 2015 chez Curtin University. « Je viens de la Zambie, j’ai choisi Maurice pour suivre un cours, qui est moins cher et qui a une accréditation en Australie. D’ailleurs, cette mesure m’aidera à acquérir l’expertise voulue. » Quant à Michael M., étudiant en Sciences informatiques à l’African Leadership College, accueille favorablement cette mesure. « Le fait de travailler à Maurice pendant trois ans m’aidera à gagner en expérience. »

Par ailleurs, Xavier Bendel, Sales Executive chez Savikam Land Development & Associates, salue cette mesure. « J’aide les étudiants étrangers à avoir un logement (location de studio) à proximité de leurs universités. Cette mesure encouragera plus de personnes à étudier sur le sol mauricien », dit-il.


Questions à… Sahir Goolfee, ex-président du syndicat des étudiants de l’Université de Maurice : « Si les Mauriciens n’arrivent pas trouver de l’emploi, comment les étrangers vont-ils en trouver ? »

Sahir Goolfee

Sahir Goolfee, l’ex-président du syndicat des étudiants de l’Université de Maurice (UoM), se pose beaucoup de questions quant à l’avenir des jeunes Mauriciens après l’annonce de cette mesure.

Quel regard portez-vous sur le Budget ?
C’est un bon Budget pour la population mais qu’en est-il de nos objectifs à long terme pour les jeunes sans-emploi.

Qu’en pensez-vous du Post-Study Work Visa ? Est-ce- que les Mauriciens seront pénalisés par cette mesure ?
Tout à fait. L’ironie du visa post-études est que les diplômés mauriciens ne parviennent même pas à trouver un emploi de diplômé sur le marché du travail, comment ces étrangers, vont-ils faire pour trouver du boulot ?

Qu’en est-il de l’emploi pour les jeunes diplômés ?
Il faut créer des emplois dans des secteurs émergents pour les jeunes. En sus, il faut encourager les gens à se lancer dans l’entrepreneuriat.