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Hamada Madi (COI) : «Le défi de l’économie bleue, c’est la sécurité»

Hamada Madi

Pour développer l’économie bleue, il faut investir dans les infrastructures, soutient Hamada Madi, Secrétaire général de la Commission de l’océan Indien. Entretien.

Le 2 mai dernier, vous avez signé avec le Commissaire européen à la Coopération internationale et au Développement, Neven Mimica, la Convention de financement d’un nouveau programme pour la sécurité portuaire et la sûreté en mer. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Ce programme renforcera le partage d’informations sur le fret et les passagers, les capacités des services répressifs et des douanes contre le crime organisé et le risque terroriste ou encore les moyens de contrôle, de surveillance et de saisie des cargaisons. Il s’inscrit dans la lignée du programme régional de sécurité maritime (MASE) financé par l’Union européenne pour créer une architecture de sécurité maritime adaptée et moderne dans l’océan Indien occidental.

La COI est appelée aujourd’hui à piloter de vastes projets d’intégration régionale. Quels sont ces projets ?
Ils sont nombreux. Je citerai le démarrage du nouveau programme régional de pêche, ECOFISH financé par l’Union européenne, qui consolidera les filières de pêches durables et relancera l’emblématique Plan régional de surveillance des pêches qui engage huit États de la région. Cette année sera marquée par de nouveaux programmes d’adaptation aux effets du changement climatique et de lutte contre les pollutions marines.

Quels sont les défis de l’économie dans la région ?
Le premier des défis, c’est la sécurité. Outre la piraterie, il s’agit aussi de trafic de drogue, de trafic d’êtres humains, de trafic d’armes, de trafic de ressources naturelles, de pêche illégale ou de pollution marine. Or, je constate avec préoccupation que le programme MASE, qui a donné d’excellents résultats, s’achèvera en 2022 et, au-delà du projet sur la sécurité portuaire. Il est nécessaire de consolider les acquis de ce programme pour sécuriser durablement nos espaces océaniques. Ce sera un point débattu lors de la Conférence ministérielle du 19 juin organisée par Maurice.

Comment l’économie bleue peut-elle jouer un rôle essentiel dans la transformation structurelle de l’Afrique ?
C’est toute une multitude de secteurs qui est concernée : tourisme, pêche, transport, logistique, énergies durables. Pour développer l’économie bleue, il faut investir dans les infrastructures, les secteurs productifs mais aussi dans la sensibilisation, la gestion des ressources naturelles et la préservation des écosystèmes.  Personne ne peut contester la responsabilité de préserver les récifs  pour des raisons écologiques, sociales et économiques.