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Vassen Kauppaymuthoo : «L’économie océanique semble avoir été reléguée à quelques mesures timides»

Vassen Kauppaymuthoo
Vassen Kauppaymuthoo – ingénieur en environnement et océanographe

Le Budget 2019/2020 comporte de nombreuses nouvelles mesures. Cela confirme l’engagement du gouvernement d’agir en tant que facilitateur. Telle est l’opinion de Vassen Kauppaymuthoo qui regrette toutefois la « timidité » des mesures en ce qu’il s’agit de l’économie océanique. Entretien !

Quelle lecture faites-vous du Budget 2019/2020 ?
Je trouve que ce budget a apporté beaucoup de nouveautés qui confirment l’engagement du gouvernement en tant que facilitateur et législateur pour engager des réformes. Cela nous permettra de nous engager dans la protection de l’environnement et l’adaptation face aux défis du changement climatique.

En effet, les diverses mesures proposées sont des signes encourageants et prometteurs. Exemples : le développement des énergies propres, les voitures électriques et le nettoyage de notre pays, dans lequel notre Premier ministre lui-même s’est engagé. Cela face à l’urgence environnementale pour notre pays qui entame une nouvelle phase de son développement durable dans le cadre des impacts du changement climatique.

Cependant, l’économie océanique semble avoir été reléguée à quelques mesures timides par rapport au secteur de la pêche. Ce secteur est appelé à devenir le prochain pilier de notre économie qui propulsera notre pays dans le groupe des pays à revenus élevés.

Où en sommes-nous concrètement sur le plan de l’économie océanique ?
Je pense que les conditions passées et actuelles ne sont pas réunies pour permettre au secteur de l’économie océanique de décoller. Et ce, malgré plusieurs tentatives. L’économie océanique demande beaucoup d’innovation, un développement stratégique, un cadre légal solide, une refonte du ministère. Il faut se lancer et créer les emplois.

Selon vous, l’économie océanique réunit-elle toutes les conditions pour permettre à Maurice de passer dans la ligue des économies hautement développées?
Je crois que la combinaison de l’Economie Verte et de l’Economie Bleue permettront à Maurice de passer à une autre étape. C’est-à-dire de décoller véritablement, car ce sont des visions d’avenir, d’innovation, pour un État Océan de plus de 2,3 millions de kilomètres carrés, plus de quatre fois la surface de la France! Oui, Maurice a le potentiel, la force, l’innovation et une jeunesse qui ne demande qu’à être impliquée dans la transformation de notre île, transformation qui changera le pays, et qui nous fera rentrer dans le club des pays à revenu élevé. Pour cela, il faudra créer les conditions favorables, légales, techniques, scientifiques, financières.