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Tourisme : Maurice, une destination pour conférences de grand standing

Tourisme

Le Budget 2019- 2020 contient des mesures pour que les opérateurs dans le tourisme organisent davantage d’activités dans le segment de Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions (connu comme MICE). Le point sur la question.

Maurice a du potentiel qui ne demande qu’à être exploité dans l’organisation des rencontres, conférences et expositions. D'ailleurs, la destination jouit d’une bonne connectivité avec le reste du monde, tant qu’à travers Air Mauritius, la compagnie nationale d’aviation et des transporteurs tels qu’Emirates. Un évènement confirmant l’attrait de Maurice est la tenue, le 1er juin dernier à l’hôtel Sugar Beach, des World Travel Awards pour l’océan Indien.

Les chiffres démontrent que le segment MICE est en plein essor. Le nombre de visiteurs au pays sous l’item de conférences a progressé de quelque 41% en 2018 pour atteindre 8 010. Toutefois, nous ne sommes pas encore au niveau de certains pays africains en termes de visiteurs (voir texte plus loin). Or, développer ce segment permettrait, sans nul doute, de compenser la baisse dans les arrivées et les recettes. Selon Pravind Jugnauth, nous devrions mieux tirer bénéfice de ce potentiel. Dans son discours budgétaire du 10 juin dernier, il a indiqué que le Special Incentive Scheme sera relancé par la Mauritius Tourism Promotion Authority avec des subventions allant jusqu’à Rs 200 000 pour les promoteurs et organisateurs de mariage. Un remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée est annoncé pour des évènements accueillant plus de 100 participants étrangers et étant au pays pour un minimum de trois nuits.

Kevin Ho-Pive, Head of Sales & Leisure, Sun Limited : « Davantage de soutien de l’aviation »

Le Head of Sales & Leisure du groupe Sun Limited explique que Maurice dispose d’atouts par rapport aux destinations régionales. Un soutien est requis dans le domaine de l’aviation et en termes de promotion de la destination mauricienne, estime Kevin Ho-Pive, Head of Sale & Leisure, Sun Ltd : « La destination mauricienne est desservie par des vols directs et des connexions via Turkish Airlines et Emirates. De plus, nous avons de belles infrastructures sur toute la côte avec de fabuleux hôtels, des compagnies gérant des destinations ayant une maîtrise dans l’organisation de telles activités en mer ou sur terre. (…) Madagascar n’est pas très populaire et n’offre pas de sécurité. Seychelles n’est pas trop bien axé sur cette activité. La Réunion est limitée en termes de facilités. Et à Maurice, nous disposons de tout. (…) Nous avons besoin davantage de soutien de  la MTPA et d’améliorer la présente visibilité. »

Destinations de conférences : Cape Town, Kigali, Marrakech dominent

L’International Congress and Convention Association (ICCA), regroupant les prestataires mondiaux de services dans le transport et l’organisation d’évènements et rencontres, plébiscite l’Afrique continentale en tant que destination pour les conférences.

Si Cape Town, ville riche en activités économiques au Sud de l’Afrique du Sud domine le classement, la surprise vient de Kigali, capitale du Rwanda, qui se présente désormais en deuxième position, supplantant Marrakech.

Selon un article publié sur le site de The Standard, une publication kenyane, Rwanda, a accueilli 38,745 délégués en 2018 contre 28,308 la précédente année. Pas moins de 26 rencontres d’associations et non des moindres. Qui plus est, ce pays est une destination préférée pour des conférences, car il a un régime de visas simplifiés permettant aux citoyens d’autres pays d’avoir le fameux sésame à leur arrivée.

Le classement de l’ICCA se base sur le nombre de rencontres d’associations ayant lieu de manière régulière (annuelle ou semestrielle), en rotation dans trois pays différents et avec 50 participants au minimum.

Bruno Lebreux, directeur exécutif de Concorde : « Une bonne initiative pour redynamiser le segment »

Directeur exécutif du groupe Concorde, un des principaux tour-opérateurs vendant la destination mauricienne, Bruno Lebreux estime que les mesures sont encourageantes pour positionner le pays comme une référence dans ce segment : « Nous avons toujours vendu Maurice en tant qu’une destination pour les conférences. Les annonces du Premier ministre et ministre des Finances représentent une bonne initiative pour redynamiser ce segment. En fait, c’est une reconduction d’une politique déjà mise en place, mais subséquemment enlevée. Ceci étant dit, ces mesures sont encourageantes. Elles permettront de nous positionner dans ce segment. Nous ne pouvons pas nous comparer au Kenya et à l’Afrique du Sud parce que ce n’est pas le même produit offert pour attirer ce genre d’évènement. À Maurice, en sus des plages, nous développons une offre qui inclut l’écotourisme. En termes de chiffres, nous avons enregistré une progression. Il ne faut pas pour autant s’endormir sur nos lauriers. Nous devons œuvrer pour asseoir notre bonne réputation dans ce segment. Qui plus est, un visiteur au pays en tant que participant à une conférence pourrait revenir en tant que touriste. »