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Taxi hors-taxe : mesure négligeable pour les chauffeurs, mais fructueuse pour les concessionnaires

Les chauffeurs de taxi pourront faire l’acquisition d’une nouvelle voiture hors taxes après quatre ans d’opération au lieu de cinq. Une annonce du Premier ministre dans le Budget 2019-2020. Comment les chauffeurs accueillent-ils cette mesure ? Quel sera impact sur la vente des voitures neuves et reconditionnées ? Tour d’horizon.

10 heures la place des taxis à La-Louise, Quatre-Bornes. Siramone Doomah, chauffeur de taxi, peine à trouver des passagers.  « En tant que chauffeur, je peux dire que le ‘Duty Free’ sur l’achat d’une voiture après chaque quatre ans ne change rien. Il y a beaucoup d’autres problèmes majeurs auxquels font face les chauffeurs », déplore-t-il. Un avis que partage Soobas Seegobin, un autre chauffeur de taxi à La-Louise. « Cela fait déjà huit ans que je n’ai pas changé ma voiture. Elle est encore en bon état. Alors, hors taxes après quatre ou cinq ans ne m’apporte aucun bénéfice. »

À Plaine-Verte, Nizam Sheik Dawood, également chauffeur de taxi, rappelle que la période d’attente était déjà de quatre ans auparavant. « En 2014, nous avons eu droit à 100 % de ‘duty free’ chaque quatre ans, mais par la suite la période d’attente est passée à cinq ans », dit-il.

Bonne nouvelle pour les concessionnaires

Chez Leal, Jean-Marc Marie, General Manager pour la marque Mitsubishi, estime qu’avec une fréquence revue à quatre ans au lieu de cinq pour le renouvellement des taxis, une petite hausse des ventes est attendue. Un avis que partage Olivier de Robillard, le directeur des ventes chez Axess. « Certes, c’est un plus pour l’industrie automobile locale. Cependant, une grande majorité de propriétaires de taxi achètent des voitures reconditionnées », précise-t-il. Ce dernier souligne que l’impact aurait été plus bénéfique si cette loi s’appliquait uniquement aux véhicules neufs, en favorisant les véhicules hybrides ou électriques pour la protection de l’environnement.

Olivier de Robillard soutient que les taximen achètent principalement des compacts Sedan. « Cependant, depuis ces deux dernières années, la tendance vers les SUV et les MPV est en constante augmentation », rappelle-t-il. Pour sa part, Jean-Marc Marie, General Manager pour la marque Mitsubishi chez Leal, ajoute que « le modèle qui est très prisé est la nouvelle Mitsubishi Xpander (7 places) qui a été lancée en avril de cette année. »

Zaid Ameer, président de la Dealers in Imported Vehicle Association : « Une hausse de 15 % à prévoir sur la vente »

« Avec cette nouvelle mesure, on s’attend à une hausse d’environ 15 % sur la vente des voitures reconditionnées » prevoit Zaid Ameer, le président de la Dealers in Imported Vehicle Association (DIVA). Ce dernier indique qu’environ 60 % des chauffeurs de taxi changent leurs véhicules chaque cinq ans afin de pouvoir bénéficier du ‘Duty Free’. Par ailleurs, il avance que sur 10 chauffeurs de taxi qui changent leurs voitures, au moins sept privilégient des voitures reconditionnées. Le budget de chauffeurs de taxi pour l’achat d’une voiture, ajoute-t-il, commence à partir de Rs 350 000 à monter. Pour les taxis d’hôtels, il faut compter une moyenne de Rs 850 000.