Jusqu’à Rs 50 000 en cas de perte d'emploi : une bouffée d'oxygène pour les licenciés économiques | Défi Économie Aller au contenu principal

Jusqu’à Rs 50 000 en cas de perte d'emploi : une bouffée d'oxygène pour les licenciés économiques

Victoria house
C’est une initiative louable, car les licenciés sont assurés d’obtenir une somme d’argent pour faire face aux jours difficiles en attendant un nouvel emploi.

L’introduction d’un 'Wage Guarantee Fund' accordant une allocation allant jusqu’à Rs 50 000 aux travailleurs qui perdent leurs emplois en raison d’une insolvabilité des entreprises est perçue comme une mesure révolutionnaire dans le milieu syndical.

Clency Bibi, président de la General Workers Federation (GWF), trouve que c’est une initiative louable, car les licenciés sont assurés d’obtenir une somme d’argent pour faire face aux jours difficiles en attendant un nouvel emploi et le paiement de leurs indemnités de licenciement.  Il rappelle que dans le passé, des travailleurs ont organisé des manifestations et ont même entamé une longue bataille légale, afin de recevoir une compensation basée sur leurs temps de service.

Le syndicaliste avance que la GWF  continuera à se battre pour la réintroduction du Termination of Contract Service Board (TCSB). Il rappelle qu’il avait inclus cette demande dans son cahier de revendications soumis au Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth.

Toutefois, même s’il juge que cette mesure est une avancée positive, Clency Bibi ne peut s’empêcher de s’interroger sur le financement d’un tel projet tout en attirant l’attention sur le fait que Pravind Jugnauth n’a rien dit concernant les différentes sources de financement dans son Budget.

 « Va-t-on tirer cet argent de la vente des actifs de la compagnie ou de la caisse publique ? » s’interroge-t-il. Il avance que dans le premier cas, les licenciés pourraient attendre longtemps avant de recevoir cette allocation.

Il explique que si cet argent provienne de la caisse publique, cela pourrait alourdir davantage le déficit budgétaire, qui tourne autour de 3,2 % du Produit National Brut (PIB). « Le Premier ministre et ministre des Finances doit éclaircir la situation », dit-il. À cet effet, il souhaite que le gouvernement ouvre les discussions avec les syndicats.

Le président du Mauritius Labour Congress, Haniff Peerun, parle de mesure favorable, car les travailleurs ont trop longtemps souffert d’une situation où l’on devrait payer tous les créanciers avant de recevoir leurs dûs. « C’est une bouée d’oxygène pour les licenciés économiques. » Il se pose, aussi la question sur le mode de financement de ce projet.

« Est-ce que c’est le gouvernement qui versera cette allocation aux licenciés et attendra la vente des actifs de la compagnie pour récupérer son argent ? »

L’économiste Pramode Jaddoo trouve que c’est une bonne initiative, car il y a eu un gros problème de licenciements pendant des années. Il évoque l’aspect humain d’une telle mesure, car les licenciés font toujours face à de grosses difficultés financières surtout si le mari et la femme travaillent au sein de la même entreprise qui, du jour au lendemain, se retrouve en faillite. « Au moins, ils auront une somme d’argent pour faire face à la vie en attendant que le 'receiver manager'  remette la compagnie sur les rails ou qu’ils retrouvent un emploi alternatif », dit-il.  Il explique que dans la pratique un fonds sera créé à cet effet et que le gouvernement récupérera son argent après la vente des avoirs de la compagnie.