Le Budget décrypté par des opérateurs | Défi Économie Aller au contenu principal

Le Budget décrypté par des opérateurs

Le Budget décrypté par des opérateurs

Si certaines mesures annoncées dans le Budget pourraient apporter un boost au secteur de l’agriculture, des services financiers et du tourisme, ce n’est toutefois pas le cas pour les exportations et les petites et moyennes entreprises. Comment réagissent les représentants des principaux secteurs de  l’économie ?

Kevin Ramkalaon, CEO de Business Mauritius : « Des mesures dans les domaines de l’innovation pourraient booster la productivité »

Kevin RamkalaonParmi les mesures intéressantes mises en exergue par le CEO de Business Mauritius (BM), celui-ci note des efforts réalisés dans les domaines de l’innovation « qui pourraient booster la productivité »,  la mise en place du Post-Study Work Visa, ainsi que  la main tendue vers la communauté des affaires pour une meilleure collaboration, notamment, avec la simplification annoncée du Public Private Partnership et du Build Operate Transfer.  « Le Portable Retirement Gratuity Fund est aussi une mesure louable et il faudra s’assurer que son implémentation se fasse au bénéfice de tous », dit-il. Les autres mesures qu’il accueille favorablement comprennent l'élimination du Training Levy pour les employés touchant moins de Rs 10 000 et la levée de l’interdiction d’exportation de Scrap Metal.  « Par contre, il faudra lancer de manière urgente la Food Standard Agency et le National Biomass Framework », estime-t-il.  


Jocelyn Kwok, CEO de l’Association des Hôteliers et Restaurateurs de l'île Maurice (AHRIM) : « Des mesures visant à redonner à Maurice ses qualités premières »

Jocelyn KwokLe CEO de l’AHRIM se dit satisfait des mesures annoncées pour la préservation de l’environnement et le renforcement de la sécurité. « Les améliorations infrastructurelles, la collaboration publique-privée envers la protection des zones côtières, l’enrichissement du produit touristique sur l’ensemble du territoire ainsi que les incitations fiscales pour les voitures électriques viennent établir une intention ferme de l’État visant à redonner à Maurice ses qualités premières », dit-il. L’incitation de remboursement de la TVA sur le logement pour les groupes MICE, ajoute ce dernier, est également une mesure forte qui apportera des résultats probants. « Sur le plan de la disponibilité de la main-d’œuvre formée, les actions envisagées pour les programmes d’apprentissage, ainsi que la mise en relation directe employeurs-employés potentiels sans passer par une administration publique trop lourde sont des réponses directes à nos propres propositions budgétaires », se réjouit-il.


Jacqueline Sauzier, secrétaire générale de la Chambre d'Agriculture : « Un budget social, environnemental et tourné vers le peuple »

Jacqueline SauzierUne assistance financière additionnelle pour la communauté des petits planteurs qui récoltent moins de 60 tonnes de sucre est l’une des mesures-phares annoncée dans le Budget. C’est ce qu’indique Jacqueline Sauzier. « C’est une très bonne nouvelle. Maintenant, il faut voir comment cela va être financé. Cependant, d’une manière générale, c’est un Budget qui se veut social, environnemental et tourné vers le peuple. C’est un bon Budget », dit-elle.


Laval Savrimootoo, président des Agences Immobilières de Maurice : « Des mesures intéressantes pour relancer le secteur de l’immobilier »

Laval SavrimootooDepuis ces trois dernières années, le secteur de l’immobilier a connu un ralentissement. C’est ce qu’avance Laval Savrimootoo. « Dans les précédents Budgets, il y avait des mesures, principalement pour  attirer les investissements étrangers. Toutefois, ce Budget inclut des mesures dans l’intérêt des Mauriciens, notamment l’exemption des frais d’enregistrement du terrain pour construire sa maison pour un montant de Rs 2,5 millions au lieu de 2 millions actuellement », dit-il. Par ailleurs, il avance que la relance du secteur immobilier aura un effet domino sur d’autres professionnels dans le bâtiment, dont les maçons, quincailleurs, électriciens et techniciens, entre autres.  Cependant, il trouve dommage que la proposition de ‘Duty-Free’ sur les voitures des agents immobiliers n’a  pas été prise en considération.


Amar Deerpalsing, président de la Fédération des PME : «  Les PME restent sur leur faim »

Amar DeerpalsingIl n’y a pas de mesures-clés pour soutenir les PME dans le Budget. "Les PME restent sur leur faim". C’est du moins ce que déplore Amar Deerpalsing. Selon lui, le Budget n’apporte rien de nouveau pour développer le secteur de l’entrepreneuriat. « C’est vraiment dommage », dit-il.


Bruno Dubarry, CEO de l’Association of Mauritian Manufacturers (AMM) : « Ce  Budget est sans doute trop prudent par rapport aux défis du secteur privé »

Bruno DubarrySelon Bruno Dubarry, il y a peu de mesures sur l’exportation et le continent africain, hormis les Special Economic Zones que l’on connaissait déjà. « On avait préconisé des aides pratiques pour soutenir des projets-pilotes, des initiatives et des plans déjà utilisés par des opérateurs exportateurs. C’est dommage. Il y a peu de soutien, finalement, à l’exportation dans la région », déplore-t-il. Pour lui, ce Budget est sans doute trop prudent par rapport aux défis du secteur privé, en particulier du secteur manufacturier. Il estime que « le gouvernement n’a pas pris la pleine mesure de l’urgence de transformer le secteur manufacturier. Nous restons engagés dans la transformation de nos industries. C’est notre avenir et nos emplois qui sont en jeu », dit-il.


Judex Ramphul, président du syndicat des pêcheurs : « Il n’y a pas une vision pour le secteur de la pêche »

Judex RamphulL'allocation de « mauvais temps» allouée aux pêcheurs passe de Rs 310 à Rs 340. C’est la seule mesure qui a été annoncée dans le Budget pour le secteur de la pêche. Judex Ramphul ne cache pas son amertume. « Une augmentation de Rs 30 ne va pas résoudre le problème des pêcheurs. Il y avait d’autres propositions qui étaient plus importantes pour faire revivre le secteur. Je suis vraiment très déçu », soutient-il.


Lilowtee Rajmun-Joosery, directrice de la Mauritius Export Association (MEXA) : « Manque de mesures fortes pour booster l’exportation »

Lilowtee Rajmun-JooserySelon la directrice de MEXA, le secteur de l’exportation passe par une période difficile. « On a noté une décroissance cette année par rapport à l’année dernière. Toutefois, il existe toujours des opportunités. On arrive à tirer des commandes sur Maurice », dit-elle. Cependant, pour pouvoir capitaliser sur ces opportunités, poursuit-elle, il faut une transformation du secteur. « Cette transformation demande des mesures assez fortes. Au niveau du privé, on investit déjà dans cette transformation. Mais, au niveau du gouvernement, on s’attendait à des mesures fortes pour promouvoir le secteur manufacturier et de l’exportation. Mais malheureusement, il n’y en a pas», déplore-t-elle.


Daniel Essoo, CEO de la Mauritius Bankers Association (MBA) : « Les mesures annoncées sont dans le droit fil du Budget précédent »

Daniel EssooIl y a une réforme qui se fait dans le secteur financier depuis des années. C’est ce qu’avance Daniel Essoo. « Une bonne partie de cette transformation a été faite dans le Budget de l’année dernière. Le Budget de cette année poursuit cette démarche de réforme», dit-il. À première vue, les mesures annoncées sont dans le droit fil de la réforme enclenchée l’année dernière. Ces mesures, poursuit-il, concernent notamment la transformation du régime fiscal, des précisions par rapport au Global Business, des plans de financement aux petites et moyennes entreprises. Par ailleurs, le CEO soutient que la Fintech prend de l’ampleur. « C’est une bonne chose pour l’économie que ce secteur soit soutenu par plusieurs mesures et un cadre bien réglementé comme annoncé dans le Budget », fait ressortir notre interlocuteur.