État-providence : avantages et désavantages d’une hausse de la pension de vieillesse | Défi Économie Aller au contenu principal

État-providence : avantages et désavantages d’une hausse de la pension de vieillesse

Pension de vieillesse
Les fonds de pension doivent être consolidés pour protéger les seniors et ne pas être déficitaires.

Si une hausse de la pension de vieillesse va améliorer les conditions de vie des seniors, elle comporte aussi des risques pour l’économie nationale. 

Économiste de formation, Dev Luchmun note que la pension universelle est le pilier de l’État-providence. « J’étais un des premiers à dire qu’il serait logique d’aligner la pension de vieillesse sur le salaire minimum », dit-il.

S’il reconnaît qu’augmenter la pension de vieillesse à Rs 8 500 allégera certes les conditions de vie des seniors, il attire aussi l’attention sur le fait cela pèsera lourdement sur l’économie nationale. « Ce sont des milliards de roupies additionnelles, où trouver cet argent ? », demande-t-il. 

Il explique qu’on pourrait, entre autres, revoir à la hausse la taxe corporative sans pour autant affecter les petites et moyennes entreprises. À cet effet, il est en faveur d’un barème progressif. C’est-à-dire l’imposition d’un impôt basé sur les chiffres d’affaires. 

L’économiste explique aussi que, tôt ou tard, il faudra revoir le mode de paiement de la pension de vieillesse pour ceux qui travaillent jusqu’à l’âge de 65 ans sans pour autant pénaliser les nécessiteux de la société. 

C’est-à-dire que les personnes concernées, à partir de l’âge de 60 ans, touchent un pourcentage de sa pension chaque année (taux déterminé par les autorités) pour arriver à l’intégralité de sa pension à 65 ans. Toutefois, il est en faveur d’un dialogue entre le gouvernement et les syndicats en vue d’arriver à un compromis sur la question. 

Le consultant en relations industrielles rappelle que l’idée d’une extension de la retraite à 65 ans était pour s’attaquer au problème de vieillissement de la population, consolider les fonds de pension pour mieux protéger les seniors à l’avenir. Il attire l’attention sur le fait que les fonds de pension pourraient être déficitaires en 2050.

Avis contraire

Toutefois, le secrétaire de l’Association des Consommateurs de l’île Maurice, Jayen Chellum, est d’un avis contraire. « Certes, les seniors seront contents d’avoir une pension de vieillesse de Rs 8 500, mais cela aura d’autres implications », explique-t-il. 

D’abord, il estime qu’en alignant la pension de vieillesse de Rs 6 210 sur le salaire minimal, cela aura comme conséquence une  dévalorisation du salaire minimum et cela donnera suite à d’autres revendications syndicales pour une revalorisation des salaires. 

Jayen Chellum estime aussi qu’une hausse de près de 60 % de la pension aura des conséquences sur l’économie et les finances publiques à la longue. Il explique qu’avec une population vieillissante, en raison d’une baisse dans le nombre de naissances, il faut penser aux conséquences d’une forte hausse de la pension de vieillesse dans quinze à vingt ans. « On va hypothéquer l’avenir de nos petits-enfants et arrière-petits-enfants. Ce serait comme ci ‘tir mange dan lassiett nou ti zanfan’ », explique-t-il. 

Avantages

  • Une amélioration des conditions de vie des vieilles personnes.
  • Une hausse de la consommation, d’où une stimulation de l’économie.

Désavantages

  • Un poids additionnel sur l’économie nationale.
  • Une possible poussée inflationniste.
  • Imposition probable d’une taxe sur des produits et services. D’où une hausse de la vie en général.
  • Une possible hausse de la dette publique.