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Aquaponique : une technologie qui tarde à décoller

Aquaponique
L’aquaponique associe l’élevage de poisson et la culture de plante en circuit presque fermé.

L’annonce faite par le ministre des Finances dans le cadre du Budget 2018-2019, relative à la sensibilisation et la formation des ménages à la culture aquaponique semble être restée lettre morte. Il faut toutefois concéder que, comme pour toute technologie innovante, de telles initiatives prendront du temps à décoller.  

La culture aquaponique consiste, il faut le souligner, de permettre la culture de légumes adaptés dans des bassins où l’on élève aussi des poissons. Elle est considérée comme une technologie alternative durable à l’agriculture traditionnelle, permettant de réduire notre dépendance sur l’importation de la nourriture.

Le système aquaponique

Pour les organisations de consommateurs, il s’agit d’un projet ‘environment-friendly’ qui permet de maximiser l’utilisation de l’eau disponible, de l’espace, tout en cultivant des légumes avec peu ou pas de fertilisants et, dans le long-terme, éviter le rejet des eaux usées provenant de l’aquaculture. Toutefois, en parallèle,  la Consumer Advocacy Platform (CAP) estime prioritaire la formulation de normes assurant la qualité des légumes ainsi que celle des poissons issus de ce type de culture. De plus, les régulateurs devraient mettre en place un système de traçabilité qui permet de remonter aux éleveurs en cas de déficiences.  

Selon les scientifiques, la culture aquaponique permettra aux consommateurs de disposer d’une source de protéine animale dans leur diète, le poisson constituant une source saine de protéine et de bon cholestérol. Les consommateurs disposeront aussi de légumes frais et sains provenant du système aquaponique.

Pour en revenir à la mesure budgétaire annoncée, il convient de souligner qu’elle met l’accent sur la sensibilisation et la formation des ménages en vue d’encourager ceux disposant d’espace dans l’arrière-cour de s’adonner à cette culture et ainsi contribuer à augmenter la production de légumes et de poissons. En l’absence de consultations, il est permis d’estimer que le type de culture appropriée pour Maurice n’a pas été identifié.

Qu’en est-il de la recherche y relative ? Il relève, de certaines sources, que la faculté d’agriculture de l’Université de Maurice aurait entrepris des recherches en vue de déterminer la qualité optimum de l’eau, les espèces de légumes et de poissons et d’autres paramètres, telle que la densité de poisson.   

Pour les spécialistes, ce secteur est prometteur, n’ayant aucun impact négatif sur l’environnement.  Néanmoins, ils soulignent que cela nécessite une formation minimum décente, qui devrait être offerte par le ministère de la Pêche. Toujours, selon eux, élever un millier de poissons dans un réservoir n’est pas une mince affaire. Sans une compréhension adéquate du management du système de culture aquaponique, le projet peut se révéler une catastrophe financière, car les investissements initiaux sont plus élevés que ceux requis pour l’hydroponique, par exemple.