Jean-Louis Pismont de Beachcomber Resorts & Hotels : «Une baisse de plus de 50% du chiffre d’affaires pas à écarter» | Défi Économie Aller au contenu principal

Jean-Louis Pismont de Beachcomber Resorts & Hotels : «Une baisse de plus de 50% du chiffre d’affaires pas à écarter»

Jean-Louis Pismont

Après avoir été frappé de plein fouet par les coûts supplémentaires de l’application de la Workers’ Rights Act depuis octobre 2019, l’industrie touristique fait face au coronavirus. C’est ce qu’indique Jean-Louis Pismont, COO de Beachcomber Resorts & Hotels. Toutefois, il avance que le ‘Stimulus Package’ va soulager les opérateurs.

Face au coronavirus, plusieurs hôtels se retrouvent en difficulté. Qu’en est-il chez Beachcomber ?
Beachcomber Resorts & Hotels suit avec préoccupation l’évolution de cette pandémie. Sa propagation a pris une autre dimension ces derniers jours avec un bilan de personnes contaminées en forte hausse en France, qui est le premier marché pourvoyeur de touristes à Maurice. Une France en alerte sanitaire de stade 3 aurait de très graves conséquences sur les arrivées. Nous suivons aussi de près la situation à La Réunion qui a enregistré ses premiers cas. Au niveau des hôtels Beachcomber, nous constatons un recul de nos réservations pour les mois de mars et d’avril. Il est très difficile de quantifier cette baisse, car la situation évolue au jour le jour. Mais il est certain que l’impact sera considérable sur la performance du groupe. Une baisse de plus de 50% de notre chiffre d’affaires pour les prochains mois n’est pas à écarter.

Quelles sont les mesures prises par le groupe pour rassurer les clients ?
Il n’y a aucune panique chez nos clients. Ils sont rassurés par les mesures de prévention déployées par le gouvernement mauricien et qui sont scrupuleusement suivies par nos équipes. Les professionnels de la santé publique ont aussi libre accès à nos hôtels pour un suivi auprès de nos clients, si besoin est. Par ailleurs, le groupe Beachcomber a renforcé depuis fin janvier les mesures d’hygiène et le protocole sanitaire dans tous ses hôtels. Un système d’alerte et de surveillance est actuellement en place. Les informations préventives relatives au coronavirus, incluant les communiqués et fascicules du ministère de la Santé, ont été transmises aux équipes hôtelières et sont systématiquement mises à jour, en tenant compte de l’évolution de l’épidémie. Ce dispositif interne a contribué certainement à rassurer notre clientèle.

Les employés sont-ils appelés à prendre des congés en cette période de ‘morosité’ ?
Pour le moment, nos opérations hôtelières continuent normalement et nos équipes sont mobilisées auprès de nos clients. Dans le cas de baisse drastique du taux d’occupation, nous prendrons toute mesure nécessaire dans le cadre de la loi.

Si la situation persiste, le groupe compte-t-il réduire le nombre d’employés ?
L’aggravation de la situation aura des répercussions sérieuses sur l’industrie touristique et nous touchera durement en tant qu’opérateur hôtelier. Il faudra des mesures fortes et vigoureuses face à cette situation. Une réduction du nombre d’employés n’est cependant pas à l’ordre du jour. Mais il est évident que le coronavirus pèsera lourdement sur l’industrie qui subit déjà l’impact de la Workers’ Rights Act. Compte tenu de cette conjoncture très difficile, nous sommes contraints de geler les recrutements.

Votre avis sur le ‘Stimulus Package’ proposé par le ministre des Finances pour soutenir les secteurs affectés ?
Nous accueillons, valeur du jour, favorablement les mesures annoncées pour l’industrie touristique dans le plan de soutien. Nous saluons particulièrement le ‘Relief Programme’ avec le moratoire de six mois sur le remboursement du capital et des intérêts ; la réduction du ‘Training Levy’ et les différentes initiatives d’incitation pour renforcer l’attractivité de la destination.

Nous sommes conscients que le tourisme sera le secteur le plus affecté par cette crise sanitaire mondiale. Aussi, nous travaillerons de concert avec l’Ahrim et les autorités pour voir comment ce plan d’aide pourrait évoluer, au besoin et en fonction de la situation.