Entrepreneuriat : Nathalie Gaspard et ses sacs en tissu recyclé | Défi Économie Aller au contenu principal

Entrepreneuriat : Nathalie Gaspard et ses sacs en tissu recyclé

Entreprendre, oui, mais à quel prix?

Ancienne machiniste dans une usine de textile, Nathalie Gaspard s’est reconvertie dans la fabrication de sacs à provision, sacs de plage, sacs à main, porte-monnaie, pochettes et housses en tissu recyclé. Son cheminement est des plus intéressants.

C’est dans une usine de textile que la jeune femme a appris à manier une machine à coudre industrielle. À force de persévérer, elle a fini par devenir l’une des meilleures machinistes de la compagnie. Mais, tout en travaillant, elle ne cessait de nourrir son rêve de se lancer un jour à son compte. « C’est une pensée qui ne cessait de me trotter dans la tête », dit-t-elle.

C’est à la naissance de son premier enfant que Nathalie prend la décision de travailler à la maison. « Je ne voulais pas laisser mon enfant à la maison pour aller travailler », poursuit-elle. Elle en parla à son employeur qui lui proposa de travailler à la maison. Elle ne pouvait laisser passer une telle opportunité. Son mari lui acheta une machine à coudre industrielle et l’usine lui envoya des chemises pour des travaux de couture. « Ce qui me permettait de travailler tout en m’occupant de ma famille », ajoute-t-elle.

Éviter le pire

Parallèlement, elle profitait de ses heures libres pour apprendre la coupe de vêtements féminins. Son rêve de se lancer réellement un jour à son compte ne la quittait toujours pas et c’est ainsi qu’elle est devenue couturière. Elle recevait des commandes de femmes de la région de d’Epinay où elle habite. Entre-temps, l’usine de textile a fermé ses portes, jetant à la rue des centaines de personnes. La jeune femme avait su éviter le pire. 

Quelques années après, Nathalie s’est enregistrée au National Women Entrepreneur Council. Deux ans après, on lui proposa une formation dans la fabrication de sacs recyclés et elle accepta. « C’est ainsi que j’ai appris comment utiliser des restes de tissus pour fabriquer divers modèles de sacs », avance-t-elle. Et on peut dire qu’elle a vraiment réussi dans ce domaine. 

Manque de moyens financiers

Mais se lancer à son compte comporte aussi des difficultés. Notre interlocutrice avoue que son plus gros souci est le marketing de ses produits. Elle reconnaît que son fardeau serait plus léger si elle avait un emplacement. Toutefois, elle sait que, par manque de moyens financiers, elle ne pourrait payer une forte location.

Pour pouvoir vendre et faire connaître ses produits, elle participe à des foires organisées par le National Entrepreneur Council. Sinon, elle doit s’arranger avec un centre commercial pour obtenir une place pour une exposition-vente en solo mais elle explique qu’elle ne sera autorisée à le faire que si le commerce en question ne vend pas les mêmes produits. De plus, elle devra payer une somme pouvant monter jusqu’à Rs 4 500, selon l’endroit, pour les trois jours pendant lesquels elle va tenir son exposition-vente. « Que vous vendiez ou pas vos produits, vous êtes contraint à payer pour la location », affirme-t-elle.  Elle avoue que c’est un risque d’organiser des expo-ventes en solo car si elle peut être une réussite, parfois  elle n’arrive même pas à couvrir ses frais. Elle explique que ce sont surtout ses sacs à provisions (shopping bags) qui sont les plus demandés.

Nathalie raconte aussi que, parfois, une personne lui passe une commande pour des établissements hôteliers. « Elle me passe ses commandes et c’est elle qui va faire la livraison. Certes, elle me paie mais j’ignore à combien elle les revend à l’hôtel », explique-t-elle. 

Elle garde cependant toujours espoir d’avoir un jour son propre emplacement pour pouvoir travailler en toute quiétude. Ce sera l’aboutissement de ses rêves.