Restriction sur les importations de Chine : une opportunité d’affaires pour les PME mauriciennes  | Défi Économie Aller au contenu principal

Restriction sur les importations de Chine : une opportunité d’affaires pour les PME mauriciennes 

Certaines entreprises locales envisagent d’augmenter leurs productions.

Vêtements, alimentation, chaussures, meubles.... Ces produits qui sont importés de la Chine se feront bientôt rares sur le marché local. Cela, suite aux restrictions sur les importations en raison de l’épidémie du coronavirus. Une occasion pour les petites et moyennes entreprises mauriciennes de faire de bonnes affaires. 

«On dit souvent que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Je suis vraiment attristée de ce qui se passe en Chine avec le coronavirus qui ronge le pays.  Mais, je dois avouer que cette situation m’a permise de recevoir de nouvelles commandes. Récemment, j’ai reçu des commandes de nouveaux clients de l’Afrique du Sud », fait ressortir Rekha Cowlessur, directrice d’Arvani Ltd. Son entreprise est spécialisée dans la production de chaussettes.  Elle avance que l’entreprise travaille actuellement sur de nouveaux échantillons pour l’exportation. « Des opérateurs au Kenya et de La Réunion ont également montré un intérêt pour nos produits. Ces derniers achetaient principalement de la Chine », dit notre interlocutrice. En ce qu’il s’agit du marché local, Rekha Cowlessur soutient que la production est actuellement plus ou moins la même. « Je pense que les commerçants ont déjà leurs stocks. Mais cela ne va pas durer pour longtemps.  D’ici deux à trois mois, on s’attend à un manque de chaussettes sur le marché local. Ainsi, on va augmenter notre production », dit-elle. 

Hausse de production 

Pour Priscile Quirin, directrice de ‘Chelter Shoes’, l’importation des chaussures de la Chine a toujours été un obstacle pour son entreprise. « Les chaussures ne font pas partie des produits interdits de la Chine dans le cadre de l’épidémie du coronavirus, comme communiqué par le ministère. Toutefois, il y aura certes une baisse dans le volume de chaussures importées sur le marché local suite à la suspension des vols », explique-t-elle. Pour elle, c’est une opportunité à explorer. « D’ailleurs, j’ai déjà commencé à recevoir des commandes. Je produis en moyenne une centaine de paires par semaine. Dans les semaines à venir, je compte augmenter la production de 50 % », avance-t-elle. 

Rudy Tannoo, entrepreneur et ancien représentant des PME, estime, pour sa part, qu’il faut voir cette situation plus comme un verre à moitié plein qu’un verre à moitié vide. Pour lui, c’est une opportunité non seulement pour les PME mais pour l’économie en général. « C’est tellement facile pour les commerçants de partir en Chine et d’acheter des produits pour les écouler sur le marché local. Par conséquent, ce sont les PME qui peinent à vendre leurs produits », dit-il.  Toutefois, il précise que Maurice n’a pas les moyens de tout produire. « C’est l’occasion de développer de nouvelles stratégies et de penser autrement », dit-il.

Pénurie de matières premières 

Si la restriction des produits finis de la Chine représente une opportunité, dans d’autre sens, c’est aussi une menace. Une bonne partie des matières premières utilisées dans notre production est importée de la Chine.  Il y a un risque d’une pénurie de matières premières dans les semaines à venir, avancent nos interlocuteurs. Et qui dit pénurie, dit hausse des prix.  D’ailleurs, selon un rapport publié par AXYS Stockbroking dans le contexte du coronavirus, l’inflation nationale devrait passer d’un taux de 0,4 % en 2019 à 2,5 % d’ici la fin de l’année, à cause de nombreux facteurs, comme des importations plus coûteuses qui engendreront une inflation plus élevée.