Michela Foy : une femme débordante d’imagination | Défi Économie Aller au contenu principal

Michela Foy : une femme débordante d’imagination

Michela Foy est fière de son travail.
Michela Foy est fière de son travail.

Michela Foy réalise des œuvres d’art avec du papier journal et des goupilles de canette de bière. C’est une idée plutôt originale. Elle nous raconte son parcours.

Pour tuer le temps durant un simple trajet à bord d’un autobus, Michela Foy a enroulé son ticket d’autobus autour de son doigt pour en faire une bague. Elle a pensé à ce bijou improvisé toute la journée. «  Je me suis dit qu’il est possible de fabriquer des objets avec du papier. Quand j’ai fait des recherches sur ce sujet sur Internet, j’ai découvert qu’on peut tout faire avec cette matière », relate-t-elle.

Plus facile à dire qu’à faire. Cependant, de nature persévérante, elle se lance dans ce projet. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’elle a été responsable de marketing durant une dizaine d’années dans un établissement hôtelier. Elle s’est ensuite envolée pour le Canada où elle a vécu pendant quelques années. De retour à Maurice pour des raisons personnelles, elle se lance dans l’artisanat.

À force de pratiquer, elle a fini par percer tous les secrets de la fabrication des objets avec du papier. Elle réalise des objets du quotidien, comme des poubelles, des bijoux ainsi que des accessoires de bureau. Aujourd’hui, elle consacre son temps à sa passion dans son atelier Secret Hope, à Pointe-aux-Sables où elle réside. Elle récupère les vieux journaux et magazines avec ses voisins et proches. « D’habitude, les gens jettent leurs vieux journaux, car après la lecture, ils n’ont plus aucune utilité. En revanche, c’est de l’or pour moi, » dit-elle, en riant. 

Utiliser du papier pour en faire des objets, exige une bonne dose de patience, fait-elle ressortir. De plus, comme elle travaille seule, tout repose sur ses épaules. Elle doit, entre autres, couper les papiers en tige et les enrouler ensuite pour fabriquer des bijoux et d’autres objets. « Tourner en moyenne 500 tiges de papier donne des douleurs à la main », dit-elle. Elle avoue qu’elle a eu du mal à écouler ses produits au début. « Dès que les gens apprennent qu’ils sont fabriqués avec du papier journal, ils sont réticents. Je dois leur expliquer que ces produits sont très résistants de par leur fabrication », indique-t-elle. Elle participe régulièrement à des foires d’entrepreneurs pour faire connaître ses produits en espérant que ces derniers vont conquérir un jour le cœur des Mauriciens. 

Outre le papier, elle utilise également des goupilles de canette de bière et des vieux jeans. Durant ses heures libres, elle fait le tour de son quartier pour ramasser les vieilles canettes de bière, faisant ainsi de l’upcycling. C’est un procédé consistant à donner une valeur aux déchets destinés à être recyclés. « À travers mon travail, je participe à ma façon à la protection de l’environnement », dit-elle.