Perspectives économiques : quand l’Afrique séduit la Blonde Albion | Défi Économie Aller au contenu principal

Perspectives économiques : quand l’Afrique séduit la Blonde Albion

Boris Johnson
Boris Johnson voudrait avoir l'Afrique comme 'fall back position'.

Une vingtaine de pays africains, y compris Maurice, a participé en début de semaine au premier sommet du ‘UK-Africa Investment Summit’ présidé par le Premier ministre britannique Boris Johnson à Londres. Ce sommet qui s’inscrit dans une optique post-Brexit, veut ouvrir de nouveaux horizons africains pour la Grande Bretagne. Maurice y trouvera-t-il sa place ?

Boris Johnson a déclaré que le Royaume Uni est une ‘one-stop-shop’

Après son retrait de l’Union Européenne (UE), le Royaume-Uni veut trouver son salut en Afrique. Ainsi, plusieurs chefs d'État africains se retrouvent à Londres pour le premier sommet Grande Bretagne-Afrique sur l’investissement. L’objectif britannique est de diversifier les partenariats et identifier d’autres horizons, renforcer les liens socioéconomiques avec l’Afrique, accroître les échanges commerciaux et booster les investissements.

Ce premier sommet anglo-africain suit celui de Moscou en octobre dernier. Il y a eu d’autres récents sommets africains dans le passé, organisés par la Chine et les États-Unis. Tout cela indique l’importance que les puissances occidentales accordent au continent africain. Le Royaume Uni veut désormais être plus actif en Afrique et lorgne plutôt les secteurs minier et énergétique.

En effet, Boris Johnson a, dans son allocution, déclaré que le Royaume Uni est une ‘one-stop-shop’ pour le commerce, l’éducation et la technologie. « Regardez dans le monde aujourd'hui et vous verrez rapidement que le Royaume-Uni n'est pas seulement le partenaire de choix évident, nous sommes aussi le partenaire d'aujourd'hui, de demain et des décennies à venir », a-t-il souligné.

De son côté, Alok Sharma, ministre britannique du Développement international, se dit très optimiste, affirmant que les relations de la Grande-Bretagne avec l'Afrique seront en mode ‘turbo’, avec des accords commerciaux, d'affaires et d'investissement conclus à travers tout le continent.

De meilleures conditions pour les pays africains ?

Selon des observateurs, une fois hors de l'Union Européenne, le Royaume-Uni aura techniquement moins de pouvoirs de négociation. Cela signifie donc que les pays africains pourront demander et obtenir des conditions légèrement préférentielles. À noter qu’en septembre dernier, le Royaume-Uni a déjà lancé un accord de partenariat économique avec la Southern African Customs Union (SACU), un bloc qui comprend l'Afrique du Sud, le Botswana, la Namibie, le Lesotho, le Mozambique et le Swatini.

La fin des quotas agricoles ?

Les produits agricoles importés au Royaume-Uni sont sujets aux quotas. Mais, selon des analystes, les Anglais pourront revoir certains quotas et autoriser une plus grande accessibilité au marché britannique, cela devrait réjouir les exportateurs africains, y compris Maurice. Toutefois, cela dépend aussi sur les négociations des pays européens avec le Royaume Uni, car ils ne voudront pas perdre leurs marchés.


Pravind Jugnauth rencontre des investisseurs

Pravind Jugnauth

Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui participe au UK-Africa Investment Summit, a rencontré des investisseurs étrangers à travers la plateforme Invest Africa, pour présenter les opportunités qu’offre Maurice. Il a aussi assisté à des réunions bilatérales avec les délégations de plusieurs pays, parmi l’Afrique du Sud, le Kenya, le Ghana, la Cote d’Ivoire et le Mozambique.

Chiffres

Nous exportons pour un montant d’environ Rs 9 milliards vers le Royaume-Uni annuellement alors que nos importations se chiffrent à environ Rs 4 milliards.

Nous recevons environ 150 000 touristes britanniques chez nous chaque année. Cependant, nous recevons moins d’un milliard de roupies d’investissements directs du Royaume Uni.


Non au charbon

Boris Johnson

Boris Johnson a annoncé qu’il mettra fin au soutien de son pays à l’exploitation thermique des mines de charbon et des centrales électriques fonctionnant au charbon. L’Angleterre n’investira plus dans ce secteur en Afrique. Cette décision risque de provoquer une augmentation du prix du charbon. Il faut souligner que Maurice dépend beaucoup sur le charbon pour la production d’électricité. Selon Statistics Mauritius, environ 40 %de notre production énergétique provient du charbon, soit plus ou moins la même proportion que l’huile lourde, alors que la bagasse représente 14 % de notre production d’électricité.  


L’AfD s’y met aussi

L’Agence française de développement (AfD) tiendra une conférence-débat à Paris le mardi 28 janvier 2020. Les participants interviendront sur les tendances macroéconomiques en Afrique, les grands enjeux structurels auxquels est confronté le continent africain et l’articulation entre urbanisation et croissance économique. L’événement sera aussi l’occasion de présenter ‘L’économie africaine 2020’, un ouvrage qui présente les tendances macroéconomiques de l’Afrique et de ses régions et porte un regard pluridisciplinaire sur des enjeux structurels majeurs, qu’ils soient continentaux ou spécifiques à un pays. La publication contient aussi des analyses inédites sur les grandes questions économiques et sociales qui touchent le continent africain.


Arvind Nilmadhub : « Le Royaume-Uni cherche avant tout à sécuriser son économie »

Arvind Nilmadhub

L'économiste Arvind Nilmadhub est d'avis que la balance du pouvoir mondial est en train de changer et le Royaume-Uni cherche avant tout à sécuriser son économie et à maintenir sa croissance après son retrait de l’Union européenne. Selon lui, la Grande-Bretagne pourrait signer des accords spécifiques avec chaque pays. « L'idéal aurait été de signer des accords commerciaux avec des pays spécifiques, mais aussi avec les blocs régionaux comme la SADC ou le COMESA. Cela aurait renforcé l'importance stratégique des blocs régionaux et mieux encourager la coopération régionale, » dit-il.