Stephanie Ng Tseung-Yue - Head of Cards de la MCB : «Une croissance annuelle de 19 % sur les paiements par cartes» | Défi Économie Aller au contenu principal

Stephanie Ng Tseung-Yue - Head of Cards de la MCB : «Une croissance annuelle de 19 % sur les paiements par cartes»

Stephanie Ng Tseung-Yue

Le mouvement vers les paiements électroniques a déjà été amorcé, affirme Stephanie Ng Tseung-Yue, Head of Cards de la MCB. Au sein de la banque, on compte 275 000 utilisateurs de Juice. De plus,
230 000 autres se servent de l’Internet banking.

« Nous avons aujourd’hui plus de 275 000 utilisateurs de Juice et ce chiffre va croître davantage. C’est même devenu un verbe ! J’entends souvent les gens dire « eski mo capav juice twa ? ». Cela prouve que Juice est entré dans les mœurs. »

La MCB se positionne en faveur du système 'cashless' (paiement sans espèces). Quelles sont les dernières évolutions majeures de la banque dans le domaine des paiements électroniques ?
La MCB a été le pionnier des innovations de paiements. Nous avons été les premiers à introduire les Automated Teller Machines (ATM), les cartes de débit et de crédit, le paiement par mobile et par code QR, ainsi que les paiements sans contact. Nous facilitons aussi les paiements en ligne, tant pour les commerçants que pour les individus et à ce titre nos détenteurs de cartes de débit peuvent désormais activer cette fonctionnalité à travers l’application mobile JuiceByMCB. La dernière version de Juice donne, en effet, au client une meilleure gestion de ses cartes en lui permettant d’activer ou de désactiver, à sa guise, certaines fonctionnalités, avec au final plus de contrôle et plus de sécurité. Nous avons une veille active des tendances mondiales et nous sommes constamment à l’écoute de nos clients pour leur proposer des solutions de paiement qui ont pour but de faciliter leur quotidien. D’ailleurs, notre communication et notre campagne de fin d’année sont axées autour du thème ‘toulezour fasil’.

Depuis son lancement en juin 2013, le nombre d’utilisateurs de 'JuiceByMCB' ne cesse d’augmenter. Pourquoi cette application attire autant ?
Nous avons aujourd’hui plus de 275 000 utilisateurs de Juice et ce chiffre va croître davantage.Nous en sommes certains, car Juice fait partie du quotidien de nos clients. C’est même devenu un verbe ! J’entends souvent les gens dire « eski mo capav juice twa ? ». Cela prouve que Juice est entré dans les mœurs et séduit par son côté pratique, sa facilité d’utilisation et le gain de temps qu’il procure.  Et si les « early adopters » ont été plutôt dans la tranche d’âge des 18-40 ans, aujourd’hui Juice s’est vraiment démocratisé parmi tous les segments. Les fonctionnalités les plus prisées sont les transferts d’argent vers son compte ou un autre compte à la MCB, ainsi que la recharge de son crédit mobile. Nous notons aussi une croissance notable de paiements chez les commerçants qui a plus que doublé cette année.

« Les paiements sans contact gagnent en popularité partout dans le monde de par leur côté pratique et rapide, tant pour l’utilisateur que pour le commerçant et je suis persuadée que Maurice ne sera pas une exception. »

Quid de vos autres services ?
La MCB a une offre multi-canaux et l’Internet Banking (IB) fait partie de cette offre. Nous avons à ce jour plus de 230 000 utilisateurs de ce service en ligne. Il est intéressant de noter qu’au niveau de la clientèle individuelle, l’utilisation de Juice a surpassé celle d’IB, ce qui nous pousse à adopter une ‘mobile first strategy’.

Pour les paiements Touch & Pay, nous sommes aujourd’hui à la phase d’introduction dans le cycle de vie de ce produit. Nous l’avons initialement déployé chez un nombre restreint de commerçants et actuellement notre priorité est d’élargir l’acceptation de ce type de paiement. Nous nous activons à déployer nos nouveaux terminaux de paiement et nous avons à ce jour plus de 1 500 terminaux qui acceptent les paiements sans contact (contactless payments). Au niveau des utilisateurs, nous observons deux types d’attitude : ceux qui l’ont adopté en demandent plus, notamment un plafond plus élevé (actuellement, il est de Rs 500 pour un paiement Touch & Pay), alors que ceux qui y sont réfractaires affichent une peur du fait que ces micros paiements de moins de Rs 500 ne nécessitent pas une validation à travers le code PIN. Ce type de réaction est tout à fait compréhensible et en étant les pionniers, nous avons aussi la responsabilité d’éduquer et de rassurer les clients. Nous avons mis en place des dispositions pour limiter l’utilisation frauduleuse de la carte : le plafond à Rs 500, un maximum de deux transactions Touch & Pay sans validation avec le code, la possibilité de désactiver et de réactiver la fonctionnalité Touch & Pay à travers Juice. Les paiements sans contact gagnent en popularité partout dans le monde de par leur côté pratique et rapide tant pour l’utilisateur que pour le commerçant et je suis persuadée que Maurice ne sera pas une exception.  

Le 'cashless' a ses avantages, mais comporte aussi certains risques notamment avec la cybercriminalité qui prend de l’ampleur. Vos commentaires ?
Le risque zéro n’existe pas et il nous faut gérer et minimiser ces risques. Au niveau de la MCB, nous avons une équipe dédiée qui opère 24/7 pour détecter et contrer toute fraude éventuelle sur nos cartes. Nous informons aussi nos clients, à travers un SMS, pour toute transaction faite en ligne ou à l’étranger. C’est un service fort utile et apprécié qui permet au client de nous signaler toute transaction non reconnue. J’aimerais aussi rappeler les principes élémentaires de vigilance et de sécurité : ne jamais donner son code PIN à qui que ce soit, même pas à un préposé de banque, ne pas donner suite à des courriels ou des appels vous demandant des données personnelles ou financières telles que votre numéro de carte ou votre numéro de carte d’identité.  

La Banque de Maurice (BoM) a lancé le service 'MauCAS'. Dans quelle mesure va-t-il booster les paiements électroniques ?
MauCas comprend deux infrastructures de paiements, à savoir le National Payment Switch qui concerne les transactions domestiques faites par cartes et l’Instant Payment System (IPS) qui permettra des transferts interbanques de compte à compte en temps quasi-réel. Ces infrastructures de paiements seront des ‘enablers’, car ils permettent une meilleure interopérabilité de paiements entre les divers acteurs de l’écosystème tout en améliorant l’efficience du système. Par exemple, aujourd’hui pour transférer des fonds d’une banque locale à une autre, cela se fait soit en cours de journée ou le lendemain, alors qu’avec l’IPS, ce sera fait quasi instantanément.

Le cash a-t-il toujours un avenir dans une société qui s’oriente de plus en plus vers le 'cashless' ?
Le cash est toujours prépondérant à Maurice et nous devons faire la transition, vers le cashlite avant d’être totalement cashless ! Et pour cela, il nous faut accroître l’acceptation des paiements digitaux : dans les services privés et publics, dans les commerces de proximité, les transports etc… Les utilisateurs doivent aussi être accompagnés voire récompensés pour bouger du cash vers le paiement électronique. Au niveau de la MCB, ce mouvement vers les paiements électroniques a déjà été amorcé et nous enregistrons une croissance annuelle des paiements par cartes d’environ 19 %.