Projets novateurs : La Turbine couronne les aspirants entrepreneurs | Défi Économie Aller au contenu principal

Projets novateurs : La Turbine couronne les aspirants entrepreneurs

La Turbine
Ce concours vise à aider les aspirants entrepreneurs à développer leurs idées.

La finale de la troisième édition du Test Drive 2019 a été remportée par Ben Javed Peerbux, fondateur d’Ikes. Il s’agit d’un programme de pré-incubation mis en place par La Turbine, incubateur et accélérateur d’entreprises du groupe ENL.

L’objectif de ce concours est d’accompagner et d’aider les participants, des aspirants entrepreneurs, à développer leurs idées et à mesurer le potentiel de leur business plan. Le pitch final a eu lieu le 12 novembre au siège de La Turbine, à Moka et le grand gagnant a obtenu un chèque de Rs 75 000, offert par la société BDO, sponsor du programme.

C’est son idée pour la confection de meuble provenant des palettes en bois qui a permis à Ben Javed Peerbux de sortir du lot. Et effet, durant cette soirée, les participants devaient présenter leurs projets sous forme d’un 'three-minute pitch', afin de convaincre le jury, composé d’Isabelle de Melo, une Business Angel Investor, Jacques Pougnet, Partner - Risk Management de BDO Mauritius et Fabrice Boullé, Managing Partner de Compass. « Ce programme gratuit a pour but d’aider les aspirants entrepreneurs à mesurer le potentiel de leurs projets d’entreprise avant de se lancer dans l’entrepreneuriat. Pendant six semaines, nos experts ont aidé les 14 finalistes en ce sens, par le biais de divers ateliers », souligne Diane Maigrot, Startup and Business Growth Manager de La Turbine.

Détermination

Pour Ben Javed Peerbux, la détermination était la clé de sa réussite. « J’avais une idée business en tête depuis quelque temps et j’ai donc décidé de répondre à l’appel à candidature de La Turbine, en septembre dernier, pour tester son potentiel. Au cours des ateliers mis en place, j’ai pu acquérir une meilleure connaissance du marché et tout en gardant mon idée d’origine, j’ai appris comment adopter une approche plus méthodique de l’entrepreneuriat pour savoir si elle est viable ou pas. Tous les participants ont pu bénéficier de l’expertise des business coachs avec un accompagnement individuel et personnalisé qui nous ont permis de nous consacrer pleinement à une exploration en profondeur de nos idées », souligne Ben Javed Peerbux.

D’autres projets pourront également être suivis de près par La Turbine. « Nous allons proposer aux meilleurs participants du Test Drive de les accompagner pour la concrétisation de leur projet. Ils pourront ainsi bénéficier d’un business coach, d’un espace de travail gratuit, d’une meilleure visibilité, d’ateliers de travail et d’un accès au réseau de l’incubateur ainsi que de divers experts en droit, en marketing, en digital et en finances, entre autres », affirme Diane Maigrot, qui tient à féliciter tous les participants pour avoir donné le meilleur d’eux-mêmes.

Les 14 finalistes sont : Ikes, Beezsuite, Recyclean, Viredo, Do U, KonekTwa, Tuitionline.mu, U-shop, Chatbot for SMEs, Orion Consulting, Travel Bay, Lizie Maurice, Trivity et Lean Search.


Ben Javed Peerbux - Des palettes aux meubles : il fallait y penser

Ben Javed Peerbux
Ben Javed Peerbux a obtenu un chèque de Rs 75 000, offert par la société BDO, sponsor du programme.

« Un jour, en voyant autant de palettes allées à la casse, je me suis demandé si on ne pouvait pas en tirer quelque chose et l’idée m’est venue d’en faire des meubles », raconte Ben Javed Peerbux, qui vient tout juste de monter sa boîte IKES. Mais s’il avait déjà le concept en tête, encore fallait-il s’assurer que ces planches en pin puissent retrouver une nouvelle vie. C’est là qu’il va s’assurer des services de deux spécialistes en bois pour vérifier la solidité de ces planches de récup. « Je me suis rendu compte que toutes les planches ne pouvaient pas être recyclées dans le mobilier et qu’il fallait en traiter certaines. »

Avec cette activité, le bois connaît un cycle complet.

« Les jeunes ne sont pas prêts à mettre beaucoup d’argent dans le mobilier, puis ils recherchent des meubles ‘design’, pratiques et pas chers et qui intègrent parfaitement le style architectural contemporain. J’ai pris en ligne de compte le fait qu’ils passent beaucoup de temps hors de leur maison, aussi recherchent-ils un type de mobilier qui allie le fonctionnel et le style design. Avec cette activité, le bois connaît un cycle complet », explique Ben Javed. La demande provient aussi bien des individuels que des hôtels et autres chalets, en raison de la nature ‘eco-friendly’ du mobilier recyclé.

Femmes entrepreneures

Ce ne sont pas les palettes qui manquent dans une économie qui se fie beaucoup à l’importation pour l’essentiel de ses produits de consommation et les matières premières pour son parc industriel. « Il faut se constituer un carnet d’adresses pour s’approvisionner pour éviter les ruptures de stocks en bois », explique Ben Javed. Les planches sont traitées de manière à fabriquer tant du mobilier intérieur qu’extérieur, selon la demande du client, « mais toutes les planches sont traitées avec du produit antitermites », fait-il valoir. Afin de favoriser de petites boîtes locales, il n’hésite pas à solliciter parfois les femmes entrepreneures pour la confection des coussins, avec le souci détermination de « gepeople on board » et au nom de ce qu’il désigne comme le ‘social entrepreneurship’.

Après des prestations à la MBC dans les années 90 et son diplôme en informatique en poche, il vient cette fois relever un défi qui illustre son goût de l’éclectisme. « Mon autre objectif était de posséder un bateau, je n’ai perdu aucun espoir d’y arriver, car j’ai déjà un kayak », fait-il.


Martin de Navacelle : récup et remise à jour des ordis et portables

Martin de Navacelle
Martin de Navacelle

À l’ère de l’obsolescence programmée des appareils technologiques, dont smartphones et ordinateurs, Martin de Navacelle offre une solution qui évite que ces déchets électroniques et leurs composants se retrouvent dans la nature, ce qui est source de pollution et de danger pour l’homme et l’environnement. « Dans une seule famille », explique-t-il, « on peut compter quatre ou cinq smartphones qui ne sont plus utilisés, soit parce qu’ils ont des problèmes techniques ou sont devenus hors de mode. C’est la même chose pour les ordinateurs. On a aussi vu des frigos abandonnés dans des champs ou terrains abandonnés. Résultat : on ne sait plus quoi en faire. Pourtant, il suffit de les récupérer, les remettre à neuf et les revendre à des prix inférieurs. »

Mais le jeune homme reconnaît que son projet, à lui seul, ne saurait répondre à la surconsommation en objets électronique à Maurice. « Il faudrait commencer par une prise de conscience chez les jeunes à l’école et au sein de la famille, il faut faire valoir que ces achats, parfois superflus, privent la famille d’autres priorités, notamment en alimentation et en soins de santé », dit-il. Mais, dans l’immédiat, il a choisi de s’attaquer à cette problématique en attendant de voir se réaliser ces souhaits.

Quatre conditions

Pour y arriver, quatre conditions sont requises : un personnel compétent, des équipements, un local et une équipe mobile. « En 2016, j’ai ouvert une page facebook qui a presqu’immédiatement suscité l’adhésion au projet », explique-t-il. Aujourd’hui, il s’agit de passer à une étape supérieure, avec le soutien de La Turbine, tout en s’appuyant sur Facebook. La confiance est résolument de mise chez le jeune homme qui connaît des entreprises qui recherchent  du matériel d’occasion au lieu d’investir dans du matériel neuf, afin de rationnaliser leurs dépenses.

« En fait, notre concept ressemble, à quelques exceptions près, à un garage d’automobile. Les ordinateurs y subissent les mêmes traitements qu’une voiture, où celle-ci est auscultée et réparée puis rendue à son propriétaire avec la facturation adéquate  », fait-il observer, confiant que le développement sophistiqué des ordinateurs pour répondre aux besoins des entreprises et professionnels, fera de ces appareils davantage présents dans le monde du travail, réduisant le nombre de salariés intermédiaires et ne nécessitant que des personnes capables d’exécuter plusieurs tâches à l’aide d’appareils des nouvelles technologies de communication.

« Il en va de même pour les smartphones qui, d’année en année, s’enrichissent avec de nouvelles applis, et qui sont eux aussi au cœur du monde du travail et de la communication. Aussi, à leur moindre petite défaillance, ils peuvent ralentir ou paralyser des processus dans une entreprise engagée dans les livraisons. C’est là où des entreprises comme la nôtre essaie d’apporter des solutions à ces ennuis », précise-t-il.


Adarsh Gujadhur : des influenceurs pour booster les marques locales

Adarsh Gujadhur
Adarsh Gujadhur

Comment trouver des relais, autres que les communicants traditionnels, entre les brands locaux et la clientèle locale ? Adarsh Gujadhur a, semble-t-il, trouvé le « chaînon manquant », en recourant aux services des « influenceurs », ces jeunes  geeks présents sur les réseaux sociaux ? Adarsh Gujadhur, dont le projet se nomme Konektwa (KT), est lui-même inscrit sur ces plateformes, à la recherche des influenceurs ‘nanos’ – avec  moins de 10 000 followers et « micros » – moins de 50 000 followers. « Il existe des marques locales de qualité qui ne demandent qu’à être mieux connus, mais il faut une méthode de marketing moderne qui touche une clientèle select qui reste souvent connectée. Il faut tout juste que ces vêtements soient portés par des personnes qui ont des capacités d’influencer, afin de toucher cette clientèle », explique-t-il.

On l’a compris : au sein de cette démarche marketing,  ce sont des influenceurs qui assurent la visibilité du produit et la campagne promotionnelle. Nouvelles stars du web, comme les membres de la famille Kardashian aux États-Unis, les jeunes mauriciens sont aujourd’hui capables d’influencer le comportement d’achat ou des internautes qui les suivent. « Comme à l’étranger, fait ressortir Adarsh Gujadhur, mais dans le contexte mauricien, ils sont tenus d’être exemplaires dans leur vie quotidienne, car leur notoriété sur le web leur donne une visibilité. En portant une marque, ils épousent en même temps les valeurs de celle-ci. »

« …décors d’intérieurs… »

Si certains endroits, comme les grands centres commerciaux, ont pu servir de décor à la promotion des marques locales, ils sont devenus surexploités, fait observer Adarsh Gujadhur. « L’alternative à cette saturation reste les décors d’intérieurs, qui permettent de jouer à l’infini avec les lumières, les sons et le jeu des ‘influenceurs’. Ce ne sont pas de gros investissements, comparé aux publicités traditionnelles, comme on en voit sur les billboards », indique-t-il avant d’ajouter : « Le caractère multiculturel de Maurice, le métissage de la population et des vêtements sont un atout inestimable, c’est un marché au potentiel  énorme. Une seule et même personne peut ainsi s’approprier de plusieurs identités culturelles, car elle peut passer du port d’une robe à celui d’un sari, indistinctement », fait-il valoir.


Neha Gunnoo et Nayar Joolfoo : la main tendue aux Pme

Neha Gunnoo et Nayar Joolfoo.
Neha Gunnoo et Nayar Joolfoo.

Elle est spécialisée en Digital Marketing, lui en informatique.Neha Gunnoo, la première  et Nayar Joolfoo se sont connus à l’Université de Maurice dans le groupe Linux userfriendly. En 2017, ce dernier a collaboré avec MIT GSL pour la présentation d’un projet d’optimisation d’énergie dans les hôtels. En 2018, il incorpore la société IBEE Smart destinée à développer les smart homes, mais par manque de financement, la société est mise en veilleuse. En 2019, il devient le Chief Financial Officer de Chatbot for SMEs. « Notre concept a pour objectif la prise en charge digitale de la partie administrative dans les petites et moyennes entreprises.

Cette démarche permet d’économiser sur le temps, le papier et le personnel, ce qui laisse aux entrepreneurs le temps de se pencher sur leur cœur de métier », explique Neha Gunnoo. Pour la jeune femme, la société s’appuie sur l’utilisation de plus en plus répandue des smartphones et l’accès au Wifi. Mais même si une grosse partie du travail de la société se passe hors d’un bureau, il est toujours nécessaire de nouer le contact avec le client durant des réelles rencontres. « Certes les réseaux sociaux ou encore le cloud computering offrent de véritables avantages, mais il faut des contacts humains pour vérifier l’engagement des clients », renchérit Nayar Joolfoo.   

Pour que ce type de contact réussisse, il est indispensable au client de savoir transmettre des textos. « C’est le minimum dans le cadre du Marketing Digital, nous allons nous occuper des tâches les plus compliquées, compte tenu que tous les petits entrepreneurs ne sont pas des spécialistes en informatique », poursuit Neha Gunnoo, qui indique que la partie « finance » des procédures, nécessitera l’embauche de deux spécialistes.