Mahen Seeruttun, ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance : «Les recommandations du Blue Print sous surveillance» | Défi Économie Aller au contenu principal

Mahen Seeruttun, ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance : «Les recommandations du Blue Print sous surveillance»

Mahen Seeruttun

Invité d’honneur du dîner annuel de l’Association of Trust and Management Companies (ATMC), le ministère de tutelle, Mahen Seeruttun, évoque ses priorités et attribue le progrès de Maurice à des équipes et non à son prédécesseur.

Quelle est votre appréciation du secteur des services financiers ?
Je suis heureux de pouvoir rencontrer les membres de l’ATMC lors de leur dîner annuel. C’est l’occasion de partager ce que j’ai en tête mais aussi de savoir quelles sont leurs attentes. C’est un secteur qui contribue beaucoup à l’économie nationale et qui a aussi un potentiel de croissance. Certes, le secteur doit faire face à des défis. Depuis que j’ai assumé le portefeuille du ministère de tutelle, j’ai eu pas mal de rencontres avec des gens de l’industrie où on a partagé nos opinions. Je leur ai fait part que je compte sur une collaboration plus approfondie. Ils ont, eux, formulé leurs expectatives de la part des autorités. J’ai également rencontré les responsables de ces institutions afin de trouver un juste milieu entre les demandes du secteur privé et les exigences de réglementations afin que la juridiction de Maurice puisse s’épanouir davantage. Elle est d’ailleurs souvent attaquée sur plusieurs fronts, bien souvent sur des éléments infondés. Il faut éradiquer la perception que Maurice ne joue pas selon les règles, car on s’est plié aux impératives du Groupe d’action financière (GAFI) et de l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG) et Maurice est conciliant sur 35 des 40 exigences. La semaine dernière, nous avons soumis un rapport pour montrer tout ce qu’on a entrepris ces derniers temps. Cela va être examiné par le comité et d’ici la deuxième semaine de décembre, nous recevrons les commentaires de ce panel. Nous pourrons faire des commentaires par la suite et en début de l’année prochaine, nous procéderons à des sessions face-à-face pour présenter notre cas. J’estime que tous les efforts consentis ont rapporté des résultats. Mais il faut qu’on reste vigilant et prêt à répondre à des nouvelles exigences. Il faut tout faire pour que Maurice reste dans la liste blanche.

Selon vous, quels sont les vrais enjeux du secteur du Global Business ?
Une des priorités est d’être le plus visible sur l’échiquier international. Il est important de démontrer que nous avons une juridiction transparente qui favorise des activités substantielles. Bien souvent, nous sommes critiqués de ne pas avoir ce genre d’activités, alors que ce n’est pas le cas. Nous imposons beaucoup de conditions. Une autre priorité est l’offre de produits innovants pour attirer d’autres types d’investissements. L’autre préemption est relative à la formation et au renforcement de capacité du capital humain. Quand il y a des nouveaux produits financiers, il nous faut des compétences pour pouvoir les gérer. Un autre élément à prendre en compte est le ‘brand’ de Maurice. C’est-à-dire, tout ce que le pays peut offrir à un investisseur, tous les atouts qu’on dispose et que les autres n’ont pas. C’est tout le package de la destination Maurice en tant que juridiction transparente et saine, et un style de vie convivial. Il nous faut aussi cibler d’autres pays où les investisseurs seront sensibles à notre offre. En ligne avec le Blue Print, l’IFC Delivery Unit, sous l’égide de mon ministre, surveille la mise en œuvre des recommandations de ce plan directeur.

Quels pays par exemple ?
Plusieurs pays d’Afrique peuvent utiliser notre juridiction pour investir sur le continent ou ailleurs. Les pays d’Europe et d’Asie représentent aussi un potentiel. J’ai demandé à ce qu’on identifie ces pays afin de mieux les cibler. Chaque coin du monde a ses propres spécificités et il nous faut les comprendre afin de saisir l’opportunité pour inciter leurs investisseurs de passer par Maurice.

Êtes-vous satisfaits du travail de votre prédécesseur ?
Quand je constate ce qu’on a accompli ces derniers mois et comment on est arrivé à être respectueux face aux exigences du GAFI, ce n’est pas le travail d’une seule personne. C’est le résultat d’une équipe, des techniciens du ministère, des compétences de la Commission des services financiers, de l’Economic Development Board, entre autres. Il y a plusieurs équipes qui ont bossé dessus. Je ne vais pas ramener le résultat à une personne, mais il faut bâtir sur ce qu’il y a de positif et progresser.