Services financiers : Maurice collabore dans une enquête de corruption en Namibie | Défi Économie Aller au contenu principal

Services financiers : Maurice collabore dans une enquête de corruption en Namibie

Les droits de pêche au chalut dans les eaux namibiennes auraient été monnayés. (Photo : Financial Times.)

Le centre financier mauricien se trouve, contre son gré, mêlé à une affaire de corruption impliquant une société de pêche islandaise et le gouvernement namibien. Une société basée dans l’offshore aurait été utilisée pour le transfert de fonds. Le ministère de tutelle affirme que les autorités locales collaborent sur ce dossier.

Après ses sous-sols riches en minerai, ce sont ses mers qui sont prisées par des grands groupes de pêches en Afrique. Afin d’obtenir ces précieux droits, une compagnie islandaise, Samherji, s’est engagée dans une campagne de corruption à haut niveau en Namibie pour avoir accès aux zones riches en poissons. Le scandale, nommé Fishrot Files a été étalé au grand jour par WikiLeaks. Des têtes sont tombées. Deux ministres du gouvernement namibien ont soumis leur démission. Idem pour le Chief Executive Officer de Samherji qui s’est retiré dans le sillage d’une enquête.

La première série de documents comprend 30 000 fichiers de différents formats et porte sur la période 2010 à 2016. Un second lot est annoncé dans un proche avenir. Les fichiers ont été compilés et envoyés par le précédent directeur des opérations de Samherji en Namibie.

Ces documents détaillent comment la société islandaise a versé que 6,2 millions de livres (Rs 285 millions) à des officiels et politiciens namibiens pour des droits de pêche au chalut dans les eaux territoriales. L’argent a aussi permis de placer la compagnie islandaise en tant qu’opérateur privilégié engagé dans la pêche, en majeure partie, de maquereaux.

Selon les documents de WikiLeaks, Samherji ne s’est pas contenté de générer des revenus en sa capacité de leader dans ce marché. Des échanges de courriels - comme résumés par The Guardian et Financial Times – montrent que des cadres basés en Europe ont cru trouver le bon filon pour faire sortir l’argent de la Namibie vers des comptes de sociétés créées tant en Chypre qu’à Maurice.

Dans le cas mauricien, il est question de royalties de 5 % sur le chiffre d’affaires de la compagnie namibienne qui est versé à une firme de Samherji opérant dans notre centre offshore. Force est de constater que Maurice, dans le résumé publié sur le site de WikiLeaks, est toujours présenté comme un paradis fiscal, alors que la juridiction locale figure sur les White Lists des institutions mondiales. Et Maurice se défend d’une quelconque maldonne ou perméabilité de son système financier.

Le ministère des Services financiers, par le truchement d’un communiqué, dans l’après-midi du samedi 16 novembre, affirme que les instances locales apportent leur soutien à l’enquête sur le plan international.

« Les autorités mauriciennes concernées travaillent, depuis plus d’une année, en étroite collaboration avec les instances compétentes internationales sur ce dossier. À cet effet, les autorités mauriciennes échangent également des informations (…). Par conséquent, des enquêtes ont été initiées et l’affaire est suivie de près », affirme le ministère des Services financiers et de la bonne gouvernance.

« Le ministère rassure que Maurice est déterminé à adhérer aux meilleures pratiques et normes internationales et que tous les mesures appropriées seront prises pour protéger la bonne réputation dont jouit le pays en tant que centre financier international. »