Campagne électorale 2019 : ces secteurs qui intéressent nos politiciens | Défi Économie Aller au contenu principal

Campagne électorale 2019 : ces secteurs qui intéressent nos politiciens

Campagne électorale 2019

Même si l’économie est reléguée au second plan, le temps d’une campagne électorale dominée, surtout par les promesses et les mesures populaires, les principaux manifestes électoraux donnent un aperçu des idées de nos politiciens pour consolider nos secteurs économiques, certains déjà fragiles.

Les politiciens sont conscients de l'état actuel de l'économie.

Les indicateurs économiques interpellent nos politiciens. La dette publique, à plus de Rs 320 milliards, est déjà à 65 % du Produit Intérieur Brut, alors que le taux de croissance peine à toucher la barre de 4 %. Nos secteurs productifs n’attirent pas d’investissements étrangers. La roupie se déprécie, le dollar ayant déjà passé le cap de Rs 37. Statistics Mauritius a révisé le taux de croissance prévu pour cette année de 3,9 % à 3,8 % et prévoit aussi une baisse de 10 000 dans les arrivées touristiques, alors que la Banque de Maurice a revu à la baisse sa prévision de recettes touristiques de Rs 1,3 milliard. Notre objectif de devenir un pays à hauts revenus, est-il compromis ?

La réponse se trouve dans les principaux manifestes électoraux. Les politiciens de tous bords sont conscients de l’état actuel de l’économie, les grands défis à l’horizon, mais surtout l’impact majeur de leurs promesses électorales, d’où leurs efforts de trouver de nouvelles idées pour booster la croissance dans différents secteurs.

L’alliance morisien parle d’un développement inclusif et durable, apport de technologies nouvelles, innovation et diversification. Elle songe à accélérer la démocratisation de l’économie avec l’élargissement du champ d’activités des Petites et moyennes entreprises dans les secteurs émergents.

Du côté du MMM et de l’alliance nationale, on parle plutôt de relance de l’économie et d’investissements. Le MMM veut créer un environnement propice aux investissements étrangers dans les secteurs dotés d’un potentiel de création d’emplois productifs. L’alliance nationale veut viser sur l’innovation, la technologie et le numérique et développer d’autres piliers économiques.

Le secteur sucre

Le MMM compte redynamiser autour d’une table ronde les rapports entre les diverses parties prenantes du secteur y compris usiniers, petits et grands planteurs, employés et autorités pour mettre en œuvre une stratégie de sortie de crise et assurer une répartition équitable des revenus de l’industrie cannière. Il veut propulser un plan de diversification du secteur vers des produits à forte valeur ajoutée.

L’alliance morisien veut encourager la production de sucre bio et organique. Elle compte également développer de nouvelles espèces de cannes à forte teneur en sucre et en bagasse, valoriser l’utilisation de la biomasse et évaluer des projets de production du biodiesel et valoriser la bagasse pour la production de bouteilles biodégradables.

L’alliance nationale prône une diversification avec l’accent sur les sucres spéciaux, la production de la canne sucre bio (sucre-bio ou rhum-bio) et d’autres produits à valeur ajoutée, tout en mettant davantage l’accent sur la production énergétique. Elle a déjà promis aux planteurs le paiement d’un minimum de Rs 2 500 par tonne. Le rôle de la Mauritius Cane IndustryAuthority (MCIA) et des autres institutions de soutien, y compris le Mauritius Sugar Syndicate, seront redéfinis pour les rendre plus efficaces.

Le secteur industriel

Le secteur manufacturier est en déclin. Le segment textile fait lui face à d’énormes difficultés. Ce secteur attend des mesures robustes pour pouvoir se redynamiser. L’alliance morisien veut élaborer une nouvelle stratégie de développement industriel, afin d’améliorer la compétitivité des entreprises et favoriser l’utilisation de technologies nouvelles comme la robotique et l’intelligence artificielle et attirer des investissements étrangers, surtout dans la fabrication des produits pharmaceutiques et l’agroalimentaire, équipements médicaux, équipements et accessoires de bureau, appareils électriques, produits en plastique, bijouterie et le cuir.

Le MMM, de son côté, veut faire une étude approfondie du secteur industriel, afin de détecter ses faiblesses et établir un plan stratégique pour y remédier ; il veut aussi introduire de nouvelles mesures d’incitation à l’investissement et exploiter les opportunités  offertes sous le traité de l’Africa Continental Free Trade Area, afin de booster l’exportation. Quant à l’alliance nationale, elle va créer les conditions nécessaires pour encourager les entreprises existantes à se lancer de plain-pied dans une nouvelle ère d’industrialisation. Elle adoptera une stratégie concrète pour attirer des investissements directs étrangers (FDI) dans le secteur manufacturier et réduira le coût pour les opérateurs du fret aérien.

Les PME

Les trois partis veulent adresser l’épineux problème de financement des PME. Le MMM lui veut introduire un contrôle sur les importations pouvant nuire aux PME locales. Il lancera une ‘Special Export Promotion Agency’ pour les petites et moyennes entreprises. Le MMM encouragera les petites et moyennes entreprises à se constituer en coopératives pour faciliter leur entrée sur les marchés potentiels. Il y aura une loi pour mieux encourager la participation et l’intégration des PME dans les grosses entreprises pour une démocratisation de l’économie.

L’alliance nationale de son côté veut soutenir les PME en sollicitant les banques à accroître le financement accordé aux PME et aux micro-entreprises. Elle veut créer de nombreux incubateurs spécialisés par métiers pour les PME et jeunes entrepreneurs, afin de booster les start-ups. Il y aura plus d’incitations et les entreprises ayant un chiffre d'affaires inférieur à Rs 25 millions ne feront pas l'objet des enquêtes de la MRA. La 'Business Facilitation Act' sera aussi revue. L’alliance morisien veut renforcer les capacités d’exécution des institutions publiques chargées de promouvoir les PME.

Le tourisme

Le MMM veut régler les problèmes urgents comme l’érosion des plages, l’insécurité, l’insalubrité et le problème des chiens errants. Il va revoir la politique aérienne et assurer que le ‘All Inclusive Tourism Package’ ne porte pas préjudice aux autres opérateurs dans le secteur touristique. Le MMM veut aussi donner un nouvel élan à l’école hôtelière, développer et consolider l’écotourisme et promouvoir le tourisme culturel.

L’alliance nationale veut cibler de nouvelles clientèles et élaborer une stratégie pour une offre touristique abondante et diversifiée qui reposant sur les sites naturels et culturels historiques, les traditions diverses ainsi que de nouvelles prestations comme les activités sportives et de loisirs multiples. Elle veut favoriser l’émergence d’un secteur événementiel fort. L’alliance morisien aura aussi recours aux ‘Rebate Scheme’ pour encourager la tenue de grands événements artistiques et sportifs à Maurice.

Promesses électorales à la carte.

Le secteur financier

Le MMM veut soigner l’image de Maurice comme centre financier crédible et transparent et accélérer le processus de négociations, de signature et de ratification du traité de non-double imposition avec les pays du continent africain et ailleurs. Il veut réviser le cadre légal des fonds d’investissement collectif, de gestion de fortune et de family office et réglementer le secteur de Fintech. Ce parti compte aussi développer et promouvoir des produits financiers islamiques. L’alliance nationale de son côté veut promouvoir la microfinance, le blockchain, crowdfunding, l’eBanking et l’eInsurance. Elle compte revoir la Securities Act et redynamiser les marchés des capitaux et le Corporate Bond Market et le Securities Takeover Rules 2010, afin de favoriser le dual listing des sociétés africaines à Maurice. L’enregistrement des yachts et des jets privés sous pavillon mauricien est aussi une priorité.

La technologie informatique

L’alliance morisien veut développer de nouvelles lignes de services, notamment dans les domaines médicaux, financiers (Fintech et Blockchain), de la logistique et des nouvelles activités telles que la ‘business intelligence’, la cybersécurité et l’analyse de données. Elle veut aussi développer une expertise en R&D dans des créneaux d’excellence et prisés internationalement (intelligence artificielle, robotique avancée, centre de données, etc.). Un nouveau parc d’infrastructures TIC est prévu à Côte d’Or. La connectivité numérique avec des câbles maritimes supplémentaires et le déroulement de la 5G est aussi à l’agenda.

Quant au MMM, il veut fournir une obligation de service universel à large bande de vitesse raisonnable et promouvoir le développement et l’expansion. Il subventionnera le coût en réalisant l’infrastructure de connectivité et de Cloud pour les start-ups en herbe. Il facilitera et intensifier les technologies émergentes (Intelligence Artificielle, Robotique, Cloud Computing, Réseau Machine à Machine, Big Data, Block Chain, Crypto currency et Crowdfunding) en passant en revue l’octroi de licences simplifiées.

L’alliance nationale de son côté compte tout d’abord réduire le prix d'Internet pour les abonnés individuels. L’Intelligence Artificielle sera un pivot de sa stratégie numérique. Il y aura un régime fiscal favorable à l’investissement dans l’innovation et la recherche. Elle veut aussi les programmes d’enseignements, afin de promouvoir l’Intelligence Artificielle, le Big Data, la Fintech.

Ces autres secteurs dominants
Les autres secteurs économiques très élaborés dans les trois manifestes électoraux incluent l’économie bleue, le développement du port et de l’aéroport, une nouvelle stratégie africaine et l’agriculture. Il y a aussi la biotechnologie marine, les sciences de vie, le ‘Sports Economy’, les énergies renouvelables et l’économie verte.