Savamah Sunassee, 72 ans : «Il n’y a pas d’âge pour être entrepreneure» | Défi Économie Aller au contenu principal

Savamah Sunassee, 72 ans : «Il n’y a pas d’âge pour être entrepreneure»

Savamah Sunassee

Pendant des années, Savamah Sunassee a travaillé dans des champs de cannes et une plantation de thé. À 72 ans, le travail est toujours son moteur. Actuellement, elle tient un étal où elle vend mille et une choses… Nous l’avons rencontrée à la foire de Chemin-Grenier.

Samedi après-midi : la route principale de Chemin-Grenier grouille de monde. Bon nombre profite de cette journée ensoleillée pour faire leur shopping. Devant l’étal de Savamah Sunassee, un groupe de femmes farfouillent dans les vêtements pour adultes et enfants, sous-vêtements, serviettes, sacs à main, etc. Chacune y trouve son bonheur… Cela fait cinq ans que Savamah Sunassee tient ce commerce. Elle loue cet emplacement d’un proche.

Avec un grand sourire, elle se confie volontiers : « Après la retraite, j’ai trouvé cela dur de rester sans rien faire. Durant toute ma vie, j’ai été active et c’était difficile de tourner en rond dans la maison. J’étais triste, stressée… C’est ma belle-soeur qui m’a conseillée de me lancer dans ce petit business de vente et elle m’a beaucoup aidée. Nous avons commencé à acheter des vêtements à Port-Louis pour les revendre à la foire de Chemin-Grenier. J’y ai pris goût. On peut se reconvertir et devenir entrepreneur si on le veut vraiment. Il n’y a pas d’âge pour le faire… » Cependant et justement en raison de son âge, Savamah Sunassee doit prendre un taxi pour aller récupérer ses marchandises à Port-Louis. Elle se rend aussi en Chine et en Inde, eh oui, pour s’approvisionner.

Enfants et laboureurs…

Elle ajoute : « Nous étions pauvres et nos parents n’avaient pas les moyens de nous envoyer à l’école. Nous étions encore des enfants quand mes frères et moi avons commencé à travailler comme laboureurs dans le champ de cannes de mon père. Durant la récolte, j’étais coupeuse de cannes. C’était vraiment éreintant. On devait respecter les quotas imposés par la coopérative ». À cette époque, les enfants n’étaient pas rémunérés pour leur travail sous prétexte qu’ils faisaient partie de la famille.

Cependant, Savamah a hérité d’une partie des terres familiales. Comme elle a abandonné la culture de la canne à sucre car elle ne rapporte plus comme avant, elle envisage de vendre ses terres qui sont abandonnées depuis longtemps. Après son mariage, elle a habité pendant une dizaine d’années à Nouvelle-France où elle a travaillé dans les plantations de thé de ses beaux-parents. Elle faisait, entre autres, la cueillette des feuilles.
C’est à son retour à Chemin-Grenier que Savamah s’est lancée dans le commerce de vêtements, activité qu’elle exerce toujours. Elle est toute fringante : elle ne fait pas du tout ses 70 ans et des poussières.

« C’est une bénédiction de Dieu de pouvoir encore travailler à mon âge. » Parole d’une… jeune vieille dame, remplie de sagesse !