Entreprise : ils ont eu du pot avec la poterie ! | Défi Économie Aller au contenu principal

Entreprise : ils ont eu du pot avec la poterie !

Royal Pottery

Manoj et Sabrina Nobin ont débuté leur carrière comme apprentis dans une fabrique de poterie. Vingt ans plus tard, ils gèrent leur propre entreprise, la Royal Pottery. Récit d’une ‘success story’.

Ils sont unis dans la vie comme dans les affaires. Nous les avons rencontrés, mardi après-midi, dans leur atelier aménagé à l’étage de leur maison située à Avenue Limousine, l’Agrément, St-Pierre. Sabrina Nobin nous fait d’abord découvrir le showroom et c’est un grand moment d’émerveillement. Qui aurait cru que les céramiques florales qui ornent les tombes de nos morts seraient l’oeuvre de ce couple d’entrepreneurs qui, il y a quelques années, n’étaient que des apprentis dans une entreprise à Riche-Terre ?

Sabrina Nobin

Sur les étagères, on trouve d’autres objets de décoration dont des plats, tasses, pots et statuettes qui, par leur qualité, n’ont rien à envier aux produits importés. « C’est le fruit d’un dur labeur, d’une grande patience, d’une longue persévérance, et de beaucoup de sacrifices », confie Sabrina Nobin en nous guidant dans son atelier. On traverse un couloir où sont entreposés plusieurs objets déjà fabriqués. Nous sommes surpris d’apprendre que le couple n’a suivi aucun cours. « Nous avons appris sur le tas à l’usine. »

Sabrina raconte : « En 1990, j’ai été embauchée dans une usine de poterie qui n’existe plus aujourd’hui. N’ayant pas complété mes études secondaires, c’est par pur hasard que j’y ai trouvé un emploi que je ne connaissais pas du tout. Au départ, je ne pensais qu’à me faire un peu d’argent mais au fur et à mesure j’ai été passionnée par le métier ». Elle a commencé par enlever des bavures avec de l’eau et une éponge sur les travaux de céramique avant d’apprendre graduellement toutes les ficelles du métier. Ce qui lui permet aujourd’hui de s’occuper de la cuisson et des travaux de finition entre autres.

Manoj Nobin

Manoj travaille aussi dans l’entreprise. « Moi aussi, je ne savais pas grand-chose de la poterie. J’ai débuté comme apprenti dans la section moulage et modelage. Je m’y suis appliqué tout en développant mon esprit de créativité. Après quelques années, on m’a confié des travaux du début à la fin ». Ce métier leur apporte aussi l’amour qui se concrétise par leur mariage en l’an 2000.

C’est à la naissance de sa fille aînée et face à des difficultés à joindre les deux bouts que le couple envisage de se mettre à son propre compte. « Ce n’était qu’une vague idée », dit Sabrina. Toutefois, les choses vont s’accélérer du fait qu’en raison de difficultés économiques, la compagnie met la clé sous le paillasson. C’est avec leurs indemnités de licenciement et un emprunt bancaire que les époux réussissent à concrétiser leur rêve. Ils lancent leur entreprise et emploient deux ouvrières, Vanita Narsimooloo et Dyana Ipeca.

Royal Pottery

Sabrina ne cache pas que les débuts étaient difficiles. « Avec nos années d’expérience, nous pouvions facilement fabriquer des objets mais nous ne maîtrisions pas le marketing. La SMEDA et le National Women Entrepreneur Council nous ont beaucoup aidés dans ce domaine. De plus et à travers les foires organisées régulièrement, nous avons pu nous faire connaître. Aujourd’hui, nous avons une bonne clientèle ». Très croyant, Manoj explique aussi le succès de leur entreprise par la foi en Dieu.  

Royal Pottery

Aujourd’hui, Royal Pottery a une bonne assise. Elle reçoit des commandes venant de tout le pays et des établissements hôteliers. Outre des céramiques florales et autres bouquets, qui se vendent à partir de Rs 300, on y trouve aussi des corbeilles en céramique pour la première communion, des berceaux pour dragées pour le baptême et d’autres objets qu’on peut offrir en cadeau pour les anniversaires, mariages et autres occasions.

Royal Pottery

Grâce à leur persévérance et une confiance absolue dans l’avenir, de simples apprentis dans une fabrique de poterie, Sabrina et Manoj sont aujourd’hui patrons de leur entreprise. Leur principal atout a été d’être appliqués dans leur travail. « Au début, nous avions notre atelier dans notre garage. Nous n’avions même pas de voiture (rire). Par la suite, nous avons aménagé le salon en atelier et finalement, nous avons pu avoir un atelier et notre bureau à l’étage », ajoute fièrement Sabrina.