Indicateurs : la flambée du pétrole remet en question l’inflation moindre | Défi Économie Aller au contenu principal

Indicateurs : la flambée du pétrole remet en question l’inflation moindre

Pétrole
L’attaque sur des infrastructures pétrolières en Arabie Saoudite pourrait mettre en péril l’équilibre dans les prix.

La hausse dans les prix de produits et services de base qu’utilisent les Mauriciens serait minimale sur les douze prochains mois, révèle le 44e sondage de la Banque de Maurice auprès des opérateurs économiques.
Les résultats découlent des réponses de 42 des 50 interrogées sur leurs anticipations de l’indice des prix. Ce sondage, portant sur le mois d’août, ne tient pas en considération les évènements en Arabie Saoudite, premier producteur mondial de pétrole. Le point.

Un document publié sur le site de la Banque de Maurice vendredi 13 septembre démontrent que la moyenne des augmentations de prix serait de: (i) 1,6% à décembre 2019, 2,1% en juin 2020 et de 2,2% en juillet 2020. En guise de comparaison, les analyses de la Banque centrale communiquées lors de la dernière réunion du comité sur la politique monétaire font état d’une inflation de 0,5% à la fin de cette année-ci et de 1,5% en 2020.

Ces projections de la Banque de Maurice repose sur un réajustement à la baisse des prix de légumes frais de même qu’une baisse dans le cours du pétrole sur le marché mondial. Les risques sont moindres, en l’absence de chocs majeurs dans le monde. Or, la situation a pris la direction opposée en août dernier avec une hausse dans le prix des produits alimentaires. Et le week-end écoulé, c’est la fourniture de produits pétroliers qui est sous pression.

Comment est-ce que Maurice peut être impacté? Économie très dépendante de produits importés (facture de Rs 207,8 milliards en 2019), Maurice demeure sous l’influence des fluctuations dans les prix à l’international avec une incidence directe sur l’indice des prix. C’est d’ailleurs le premier facteur gouvernant l’inflation que mettent en avant 50% des sondés.  L’exemple de référence est l’importation de produits pétroliers. La facture est passée à Rs 17,93 milliards au premier semestre contre les Rs 17,7 milliards déboursées sur les six premiers mois de 2018. Depuis le 11 juin, le litre de l’essence est à Rs 44. Le litre du diesel est à Rs 35.

Or, l’attaque sur des infrastructures pétrolières en Arabie Saoudite, premier producteur mondiale pourrait mettre en péril l’équilibre dans les prix. La production globale a été réduite de 5%. Le cours du pétrole, à l’ouverture des marchés ce lundi 16 septembre, a connu sa plus forte hausse intra-journalière historique, avant de chuter au fil des transactions. La situation se normaliserait dans les semaines à venir. Une nouvelle attaque concluante sur les infrastructures pourrait basculer le monde dans une crise géopolitique de longue durée.

Le deuxième facteur porte sur les hauts et bas de la roupie vis-à-vis des principales devises mondiales. Dans ce présent cas, il est question du dollar américain, monnaie ayant un poids de 67% dans les factures à l’importation. À hier, le taux de change (transfert télégraphique sortant) a été de Rs 36,65 par dollar, selon les données de la Banque de Maurice.

Et le troisième facteur, selon les sondés, repose sur la demande dans le pays. Cette demande, sans nul doute, est supérieure, à la moyenne annuelle tenant compte des grands chantiers publiques à travers le pays.