Global Business : Maurice parmi 10 juridictions où circulent des placements fantômes | Défi Économie Aller au contenu principal

Global Business : Maurice parmi 10 juridictions où circulent des placements fantômes

Le Luxembourg, abrite des investissements fantômes de $ 4 trillions (environ Rs 146 000 milliards).

La majorité des investissements fantômes transite dans dix centres financiers. Selon un récent document publié par le Fonds Monétaire International, Maurice figure dans une liste de ces dix pays qui hébergent 85% de ce type d’investissements. 

Selon les auteurs Jannick Damgaard, Thomas Elkjaer et Niels Johannesen, les autres pays tels que le Luxembourg et les Pays-Bas sont les principales destinations. Les autres juridictions sont la région administrative spéciale de Hong Kong, les îles Vierges britanniques, les Bermudes, Singapour, les Îles Caïmans, la Suisse et l’Irlande.

Le Luxembourg, ayant une population d’environ 600 000 habitants, abrite des investissements fantômes de $ 4 trillions (environ Rs 146 000 milliards). Dans la pratique, les investissements directs étrangers (IDE) sont définis comme des placements entre sociétés du même groupe. «En revanche, les investissements fantômes passent par des entités qualifiées de coquilles, car elles ne génèrent pas de réelles activités (substances). L’ingénierie financière et fiscale brouillent les statistiques sur les IDE et tendent à rendre compliquée l’intégration économique concrète». 

De meilleures données sont essentielles pour comprendre où et qui et pourquoi $ 40 trillions circulent à travers le monde. L’étude a été réalisée en combinant les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques et la couverture globale du Coordinated Direct Investment Survey du FMI. 

« Pourquoi et comment ces juridictions attirent tant d’IDE fantômes. Dans certains cas, il s’agit d’une stratégie volontaire pour tirer profit des bénéfices lucratifs, dont une légère fiscalité, voire zéro d’imposition pour les sociétés. Bien que ces entités coquilles emploient à peine de personnes, elles contribuent aux économies locales en payant pour des services conseils en matière de fiscalité, de comptabilité et autres services financiers. Elles s’acquittent aussi d’un enregistrement et d’une licence d’opération. Dans les Caraïbes, ces services contribuent beaucoup au PiB autant que le tourisme », soulignent les auteurs.  

Ils ajoutent qu’en Irlande, le taux d’imposition des sociétés est passé de 50% en 1980 à 12,5% présentement. En outre, des multinationales profitent des lacunes dans la loi irlandaise en utilisant des techniques innovantes en ingénierie fiscale connues comme le « double Irish with a Dutch sandwich ». Cette méthode implique le transfert de profits entre filiales en Irlande et aux Pays-Bas avec celles situées dans les Caraïbes.

« Ces manœuvres leur permettent de payer un faible niveau de taxe, voire de les éviter. Malgré des déductions fiscales, les revenus de l’Irlande des entreprises ont contribué beaucoup au PiB car l’assiette de l’impôt a beaucoup progressé avec le flux massif d’investissements étrangers. Cette stratégie est payante pour l’Irlande mais elle effrite la base imposable d’autres économies. Le taux global moyen d’imposition sur les entreprises ont chuté de 40% en 1990 à 25% en 2017. Cela nécessite une action pour une coordination internationale », suggèrent-ils.