Sudhir Sesungkur - Affaire BAI : intervention de l’État pour éviter des drames humains | Défi Économie Aller au contenu principal

Sudhir Sesungkur - Affaire BAI : intervention de l’État pour éviter des drames humains

Sudhir Sesungkur

L’État a eu raison d’intervenir dans le cas de la BAI. Sinon, le groupe « techniquement en faillite » se serait effondré en causant une catastrophe sans précédent, non seulement au niveau financier mais aussi au niveau humain. C’est ce qu’a déclaré Sudhir Sesungkur, ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance, lors d’une rencontre avec la presse le jeudi 12 septembre.

Il a rappelé que depuis 2010, le groupe subissait des pertes de plus de Rs 3 milliards. « Si le gouvernement n’avait pas réagi et, selon les dispositions légales d’insolvabilité, les détenteurs de police d’assurances et de comptes bancaires n’auraient rien eu. Selon mon estimation, le groupe avait Rs 14,7 milliards sous forme de dettes. Il reversait Rs 1 milliard à Dawood Rawat. Le rapport NTAN n’arrivait pas à réconcilier la somme de Rs 5,5 milliards qui a tout bonnement disparu. Les auteurs pensent que l’argent est parti à l’étranger. NTAN a parlé de Ponze-like Scheme, pour moi c’était bien un Ponzi. Je demande à la population de ne pas tenir en compte des allégations prétendant que l’État aurait pu faire autrement », a affirmé le ministre.

Des 16 589 clients et déposants des entités du groupe, 11 535 ont été remboursés à 100%. Au total, le gouvernement a dépensé Rs 17 milliards de l’argent des contribuables pour « sauver des gens de fins tragiques».

L’administrateur chargé de récupérer les actifs de l’ancien groupe se penche toujours sur les possibilités de les commercialiser ou de les vendre. « C’est un travail de longue haleine et il étudie toutes les meilleures opportunités », a-t-il ajouté.

ESAAMLG : Maurice adhère à 35 préceptes

Le ministre, qui revient de la 19e édition du conseil des ministres de l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG), se dit satisfait que ses homologues africains sachent que Maurice est un atout pour le développement du continent. Des 40 recommandations d’ESAAMLG, Maurice est conforme à 35 d’entre elles. D’autres réformes seront introduites prochainement afin d’être en harmonie totale.
Le financement du centre de formation régional du Fonds Monétaire International ainsi que le centre d’excellence de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est assuré par l’État mauricien. Le premier accueille des dizaines de délégations de la région pour des séances de perfectionnement des connaissances pour les fonctionnaires. « Mes pairs africains ont très bien compris que Maurice ne nuit aucunement à leurs régimes fiscaux. Tout au contraire, Maurice s’est engagé pour contribuer à l’expansion industrielle dans plusieurs pays du continent. Avec les réformes déjà introduites, Maurice a sécurisé son centre financier pour au moins cinq à dix ans », a dit Sudhir Sesungkur.

Le ministre a tenu à balayer d’un revers de la main les accusations portées dans la presse internationale et locale selon lesquelles Maurice cautionnerait le blanchiment de fonds et des activités illicites. «L’OCDE et le Groupe d’action financière (GAFI) ont confirmé que Maurice ne tolère pas les pratiques fiscales dommageables. Ils ont soutenu que Maurice se conforme aux règlements internationaux en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et des activités illégales. Les auteurs du dernier rapport qui a porté atteinte à notre réputation, les Mauritius Leaks, ont d’ailleurs attesté que les opérations de Maurice ne sont aucunement illégales. Mais je ne comprends pas l’acharnement contre Maurice alors que nous offrons les mêmes services que les autres juridictions dont Singapour, le Delaware, les Iles Caïmans, Jersey et autres. Les chiffres indiquent que toute cette propagande n’a pas affecté le secteur, car nous enregistrons davantage d’intérêt des investisseurs pour notre centre financier. Avant de s’installer à Maurice, ils recherchent l’avis de leurs cabinets d’avocats ou de conseils. Ces derniers recommandent Maurice comme une destination privilégiée », a-t-il souligné. 

Une autre firme étrangère a été engagée pour élaborer un rapport afin d’assurer une reconnaissance réciproque pour les opérateurs enregistrés à Maurice au Gujarat International Finance Tec-City (GIFT).
Le ministre a situé l’importance du secteur des services financiers. Contribuant à 12% du PiB, ce secteur apporte chaque année Rs 5 milliards en termes de recettes fiscales. D’ailleurs, plusieurs professionnels de la haute finance travaillent actuellement dans d’autres juridictions telles que Londres, le Luxembourg, Hong Kong, Singapour. « Nous voulons faire de Maurice la passerelle vers l’Afrique, tout comme Singapour l’est pour l’Asie. Nous prônons le développement du continent et c’est grâce à des investissements directs étrangers qui transitent à travers Maurice que des infrastructures de base sont construites en Afrique».