Migration : Visa Maurice, aux petits soins des investisseurs étrangers | Défi Économie Aller au contenu principal

Migration : Visa Maurice, aux petits soins des investisseurs étrangers

Michael Louis.
Michael Louis.

Destination de vacances pour 285 371 touristes français en 2018, Maurice demeure une juridiction de référence pour des investisseurs et retraités de l’Hexagone, surtout ceux voulant changer d’air pour de bon. Trouver le droit chemin dans le sinueux processus menant à l’obtention de divers permis nécessite les services d’un guide, d’un facilitateur et d’un habitué à l’administration mauricienne.

Un long couloir. Un sol noir. Scintillant. Une succession d’espaces-bureaux. Au premier étage du Bloc B du Junction Business Hub, Calebasses, nous ouvrons une porte donnant sur une espace ouverte, où des tableaux blancs courent le long des murs, avec des documents scotchés et des grilles faites à l’encre noire. Interdiction d’y jeter un coup d’œil. C’est le niveau de progression dans le dossier d’un Français désireux d’investir dans une nouvelle entreprise, acquérir des biens immobiliers et s’installer sous le soleil mauricien.

Ici, dans ce bureau de 52 mètres carrés, sous la houlette de Michael Louis, 39 ans, directeur exécutif de Visa Maurice, l’unique priorité est de « réussir » l’installation du Français avec un accompagnement d’A à Z, incluant l’expertise en gestion de patrimoine, la constitution du dossier incluant la documentation pour les banques et instances régulatrices, les prises de rendez-vous avec l’Economic Development Board, l’accès à un spécialiste de la comptabilité, les conseils pour la scolarité. Tant de facilités sous un unique toit.

« Il existe un réel intérêt pour le pays.  Maurice dispose d’atouts qui vont au-delà de la simple considération fiscale, soit une imposition uniforme de 15 %. Comparé aux juridictions offrant une fiscalité plus attrayante, notre pays offre une main d’œuvre bilingue. L’environnement politique et social est stable. Les opportunités d’affaires ne manquent pas, permettant aux investisseurs – qu’ils soient petits ou moyens – de diversifier. Sur l’ensemble, Maurice est beaucoup plus qu’un pays où on ne fait que profiter de la fiscalité que de la vie, » affirme Michael Louis, marié et père d’un fils.

Les données confortent cette analyse du directeur exécutif de Visa Maurice. Le pays arrive en 20e position dans le classement des juridictions en matière de facilitation des affaires. Au premier trimestre de 2019, les Français ont investi Rs 1,36 milliard dans le pays, soit 27 % du montant total que le pays a reçu.

Même tout investissement en devises étrangères est le bienvenu dans une petite économie comme la nôtre, la vigilance et la rigueur sont de mise. « Nous avons un seuil de qualité à respecter. Parler au client et le rencontrer ne suffisent pas. Il faut le connaître d’un point de vue légal (des antécédents criminels), bancaire (des prêts non-productifs) voire familiale aussi. Certes, nous devons atteindre un certain nombre de clients chaque année. Ce n’est pas pour autant qu’on faillira à notre engagement d’attirer des investisseurs solides et crédibles vers le pays, » affirme Michael Louis dans un entretien réalisé jeudi 5 août.

Ceci étant dit, son entrée dans ce segment-niche des services sera le plus grand des hasards. Début 2015, il vient en aide à un Français. La personne cherche à changer d’employeur. Dans ce cas de figure, le Board of Investment d’alors (aujourd’hui l’Economic Development Board), doit être informé. Le processus est long. Donc, le Français demande à Michael Louis de l’accompagner dans ses démarches, qui s’avèrent être concluantes. Puisqu’il y est, il tente l’aventure dans un créneau nouveau et riche. C’est un pari risqué puisque c’est la réputation de l’individu et du pays qui est en jeu.

« Le Français, entre-temps devenu un ami, m’a introduit dans son cercle de connaissances. La promotion de mes services s’est fait de bouche à l’oreille. Ainsi, je me suis retrouvé avec une quinzaine de clients par an, » fait ressortir notre interlocuteur. « Mon épouse et moi, nous avons travaillé de la maison. En mars 2018, nous avons loué une espace-bureau à The Junction Business Hub, à Calebasses. À partir de juin, cette année-ci, nous avons emménagé dans un bureau plus spacieux. »

Quand on regarde le cheminement de ce natif de Floréal, benjamin dans une famille modeste, on est convaincu que les opportunités se présenteront tôt ou tard. Il suffit d’y croire dès le début. Par exemple, il a étudié la gestion au collège Imperial, sis à Curepipe.

À l’époque, on enseignait peu cette matière dans les établissements secondaires. Mais cela ne  l’a pas empêché de persévérer. Après les études, il a enchaîné les emplois dans la comptabilité, au sein des hôtels, entrecoupés de tentatives de s’installer à son propre compte. Dans la foulée, il a même refusé une bourse d’études en Inde.

« Pour des raisons familiales, je n’ai pas accepté. Aujourd’hui, avec du recul, je me réjouis de cette décision. Si j’avais fait le saut, je serai toujours un cadre dans un hôtel. Aujourd’hui, je suis entrepreneur, » résume-t-il.